Quel avenir pour Villers ?

Villers/Mer, est née à l’égal de ses prestigieuses voisines
  • Trouville/Mer, ancestral port de pêche, commença vers 1825 à devenir une station balnéaire fréquentée. Puis naquirent un peu plus tard, en moins d’une décennie, d’autres stations balnéaires, Cabourg (1853), Houlgate (1854), Villers/Mer (1856), Deauville (1859).
    En 150 ans toutes ces communes, disposant au départ de peu de ressources et ne comptant que quelques centaines d’habitants, sont devenues aujourd’hui des villes grâce à leur station balnéaire :

– 3 de ces stations se sont hissées à un niveau de notoriété nationale, voire mondiale (Cabourg, Trouville, Deauville) qui comptent chacune autour de 4000 habitants (et davantage avec leurs communes limitrophes)

– 2 stations (Blonville, Houlgate) se situent à une dimension moindre entre 1500 et 2000 habitants, avec d’autres encore plus petites, Bénerville, Tourgéville … !

Villers/Mer, située sur la carte à mi-distance de Cabourg et de Trouville/Deauville (seulement 8 km!), se positionne en importance, avec 2800 habitants, comme une station intermédiaire entre les 2 catégories précédentes.

  • La notoriété des 3 grandes stations balnéaires citées ci-dessus n’est pas le fruit du hasard mais celui d’une volonté et d’un travail poursuivis depuis longtemps par leurs municipalités successives :

– Deauville, créé ex-nihilo dès ses débuts en 1859 par le Duc de Morny beau-frère de Napoléon III pour devenir une grande station de l’élégance, a bien suivi sa feuille de route et est devenue à ce titre une station mondiale.
Son maire actuel est Philippe Augier, homme politique né à Paris.

– Trouville, la 1ère des stations balnéaires locales fut « découverte » en 1825 par le peintre local Charles MOZIN, et à sa suite par d’autres peintres illustres, HUET, ISABEY, COROT, BOUDIN, MONET… Elle bénéficia comme Deauville de l’arrivée du train en 1863.
A l’inverse de Deauville qui a été conçue à partir de rien, Trouville est, comme Honfleur, un port (mais de pêche exclusivement) qui regorge de références artistiques et littéraires, entre de nombreux grands peintres, et des figures littéraires comme FLAUBERT qui y a sa statue comme « local » car il possédait la ferme du Côteau à Deauville où a été construite vers 1900 la Villa Strassburger, et beaucoup plus récemment l’écrivain Marguerite DURAS, prix Goncourt, qui y est venue  régulièrement pendant très longtemps dans son appartement des « Roches Noires », dont les «journées Duras» attirent chaque année à l’automne des trains entiers de fanatiques.
Trouville a depuis 1983 le même maire, Christian Cardon, originaire de Lille, magistrat à la Cour des Comptes de Paris, qui ne vient à Trouville que les weeks-ends. Il est particulièrement attaché à son développement artistique et culturel.

– Cabourg, en panne de notoriété s’est relancée dans les années 70 avec Bruno Coquatrix, patron de l’Olympia, puis a capitalisé sur l’image de Marcel PROUST avec le maire Jean-Paul Henriet, et repart sur les spectacles avec Tristan Duval maire issu du milieu du spectacle né à Neuilly/Seine en faisant venir de nombreux artistes.

  • Car le renom d’une station balnéaire, quand bien même prestigieuse, doit sans cesse être maintenu vis-à-vis de la concurrence. Pour rester dans l’élite, les stations balnéaires ne cessent de rivaliser, organisant :

 – de très nombreux festivals artistiques et culturels, concernant le cinéma (sur des thèmes spécifiques: américain, romantique, culte, off-courts…), la musique, la littérature … recherchant la présence de vedettes et d’intervenants connus

– de nombreuses  activitésanimations et évènements sportifs : thalassothérapie, cures marines, piscine, équitation, voile, tennis, golf, patinoire, roue de foire…, jumping, polo, courses de chevaux, rallyes automobiles, triathlon …

– un grand travail de prospection/promotion pour leur station en France et à l’étranger

Villers-sur-Mer  a un passé différent dont elle peut être fière

  • Derrière ces 3 grandes stations nationales, Villers s’est dans le passé voulue davantage une station familiale avec des résidents secondaires fidèles, à l’écart du vedettariat, du star-système et des modes passagères.

A partir des années 70, la station de Villers a même élu pendant 24 ans, de 1971 à 1995, succédant à des maires parisiens,  des maires locaux, Mr SALESSE instituteur, Mr PERDRISOT patron artisan, qui ont orienté Villers vers une politique pro-locale et sociale en faveur des habitants «locaux», appelés parfois « principaux », au détriment des résidents secondaires qui font pourtant depuis longtemps vivre la station.

  • A partir de 1995, un nouveau Maire, Mr G.VAUCLIN un authentique enfant de Villersa pendant 19 ans choisi résolument d’oeuvrer pour moderniser la station de Villers et la rapprocher du niveau des grandes stations balnéaires voisines, valorisant avec une grande réussite le patrimoine naturel de Villers/Mer : sa plage magnifique, sa falaise -berceau de la paléontologie en Europe au 18ème siècle-, son passé de grande station balnéaire comptant plusieurs centaines de somptueuses villas.

En témoignent les très nombreuses innovations spectaculaires de la Commune pendant ses 3 mandats successifs, comme la stabilisation de la plage, le Musée National Scientifique du Paléospace, le Villare pour favoriser le développement associatif, l’aménagement du Marais avec un grand lac et un superbe parc sur le thème du respect de la nature, l’embellissement de la ville, une politique environnementale…

  • Merci à Mr VAUCLIN remarquablement ancré dans son Villers d’origine, et dans l’époque actuelle, d’avoir 20 ans durant été le promoteur de Villers et d’avoir contribué à rétablir une très grande station balnéaire. Villers est redevenue aujourd’hui une station respectée, partenaire de 1er plan de ses voisines de la Communauté de Communes Cœur Côte Fleurie (CCCCF qui va de Villers à Trouville).

L’image de Villers se trouve désormais durablement associée aux Dinosaures, avec un magnifique musée scientifique, « Le Paléospace », concernant la paléontologie qui est une spécificité qui lui appartient en propre, avec la falaise des Vaches Noires, qui n’aurait pu être celle de ses 3 voisines, édifié dans un « parc naturel du marais de Villers », préalablement aménagé pour devenir une zone de respect et d’observation de la nature, sur lesquels s’est greffée récemment peut-être à cause d’une autre spécificité de Villers, le passage du méridien de Greenwich de longitude 0 sur la digue de Villers-sur-mer, l’étude et l’observation de la voûte céleste avec un planétarium.

Mais Villers ne peut toutefois limiter son image à ces seuls aspects scientifiques, ceux de la paléontologie, ou des méridiens référant au positionnement scientifique d’un lieu sur notre « Terre ».

Elle doit comme ses voisines ratisser plus large et plus fort, et développer des animations dans d’autres directions, comme cela a commencé timidement à se faire à Villers avec des activités concernant de petits cercles de passionnés : le Scrabble, le salon du Modélisme, les Playmobils… qui animent utilement la station, mais qui ne sauraient faire d’elle une grande station !
Il faudrait pour l’image de Villers d’autres thèmes majeurs d’intérêt plus général, à l’égal des dinosaures ou de l’observation céleste.

Quel avenir pour Villers-sur-Mer ?

Villers connaît aujourd’hui des changements importants : nouveau maire, nouvelle configuration et nouveaux fonctionnement territoriaux.

Mr VAUCLIN ayant pris sa retraite en 2014, une nouvelle équipe municipale a succédé à la sienne en mars 2014, menée par Mr J.P. DURAND, 1er adjoint depuis 19 ans, élu municipal depuis plus longtemps encore, actuellement dans son 5ème mandat au Conseil Municipal.

Parallèlement l’Etat français a promulgué en août 2015 une réforme fondamentale de l’organisation du Territoire à travers la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) avec une date imposée de prise d’effet fixée au 1er janvier 2017. Nous y sommes donc depuis plus de 7 mois !

Celle-ci oblige les communes à se regrouper dans des Communautés de Communes plus vastes (> 15 000 habitants) et les engage, sans en faire une obligation, à mutualiser nombre de services et fonctions au niveau de la Communauté elle-même (Office de Tourisme, Animations, Sports, Gestion des ordures …). Les services de la CCCCF dont Villers dépend sont basés à Deauville, et Villers/Mer a choisi de jouer entièrement le jeu de la mutualisation, quand Trouville/Mer a, elle, choisi le contraire, gardant son propre office de tourisme …

Il est clair qu’après la période de 19 ans contigus où Mr VAUCLIN a été le Maire de Villers/Mer la repositionnant comme une grande station balnéaire et touristique, une nouvelle page a été ouverte il y a 3 ans avec un nouveau maire et, depuis 2017, un nouveau cadre d’action pour Villers/Mer dépendant désormais de Deauville.

Il nous paraît indispensable que Mr le Maire daigne expliquer pleinement aux électeurs ses choix, quelles en sont les conséquences, à court, moyen et long terme pour Villers, et quelle politique il compterait suivre à l’avenir suite à ces choix majeurs.

Faut-t-il rappeler aux habitants de Villers, que Villers, un simple hameau de paysans devenu une ville de 2800 habitants est une pure station balnéaire (n’ayant que sa station balnéaire pour vivre), et ne peut se permettre de faire abstraction de ce que font les stations balnéaires rivales voisines ? Quel positionnement Villers choisira-t-il pour l’avenir, soit celui de suivre ce que font ses voisines (comme elle le fait aujourd’hui mais trop timidement et à retardement), soit de créer une autre voie, une autre façon d’exister comme station balnéaire un peu avec des initiatives comme le Paléospace !

En même temps, dans une période très difficile financièrement pour les communes, Villers-sur-mer a-t-elle pris la mesure de sa nouvelle dimension et de la nécessité d’une administration à la mesure de ce qui n’est plus un village mais une ville ?

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