Un conte de George Sand aux Vaches-Noires en 1873

Les ailes de courage de Georges Sand est un roman (plutôt une « nouvelle » ou un « conte ») de George Sand publié en 1886 (posthume) dont le cadre se situe sur le littoral de la Côte Fleurie entre Cabourg/Dives, et Trouville, et Saint-Pierre-Azif (5 km à l’intérieur), dont le héros Clopinet trouve refuge dans la Falaise des Vaches Noires entre Houlgate et Villers-sur-Mer.

Chacun sait bien que Marcel Proust fut à partir de 1907 l’hôte du Grand hôtel de la Plage à Cabourg.
Mais 34 ans auparavant Georges Sand y descendait, en juillet 1873, avec ses petites filles, Aurore et Gabrielle. Peut-être parce qu’elle était passionnée de paléontologie et entretenait avec son fils une remarquable collection de fossiles ? C’était 3 ans avant son décès en 1876 à Nohant.

George Sand  La Dame de Nohant

Quelles que furent ses occupations sur la Côte Fleurie en ce mois de juillet 1873, elle y écrivit pour distraire ses petites-filles, Aurore et Gabrielle, un merveilleux conte, « Les Ailes de Courage ».

Synopsis :
Clopinet, jeune paysan légèrement boiteux et surtout très rêveur, n’est pas fait pour les travaux de la ferme qui rythment le quotidien de ses parents et de ses frères à Saint-Pierre-d’Azif. Livré en apprentissage à un tailleur rude et coléreux situé à Dives, il s’enfuit… Désormais seul, loin de la maison familiale, Clopinet s’arme de tout son courage pour partir à la découverte des richesses de l’univers qui l’entoure. En peu de temps, il devient l’ami et le plus grand connaisseur des oiseaux de la région dans la falaise des Vaches Noires à Villers-sur-mer…
(Téléchargeable sur le web)

 Une aventure  dans les Vaches Noires

Une très belle explication de texte d’une lectrice (prise sur le web) :

« Je cherchais des contes à lire, et j’ai trouvé celui-ci dans ma petite bibliothèque municipale. Il fait partie des contes d’une grand-mère, que George Sand a écrits pour ses deux petits-filles, Aurore et Gabrielle. 
L’histoire est longue, plus longue que pour un conte ordinaire, et surtout, il prend place dans un monde familier, la côte normande, près de Trouville. Les villages décrits, les métiers (tailleur, apothicaire, boulanger), les conditions de vie n’ont rien de merveilleux et c’est dans ce cadre réaliste que s’inscrit l’histoire de Clopinet. Les noms, comme celui des falaises (les Vaches-Noires), ou du seul rocher qui dépasse de la mer à marée basse (la Grosse-Vache) renforce l’impression de familiarité. 

La Falaise  des Vaches Noires

Comme souvent dans les contes, il est le petit dernier, le préféré. Comme souvent, il est un peu naïf, plus en tout cas que ses frères aînés, qui apprécient leur lopin de terre et leur métier de paysan. Lui préfère regarder le vol des oiseaux. Son rêve est de devenir marin, comme son oncle Laquille, marié et père de sept enfants. 
Cependant, vous sentez déjà sa faiblesse : Clopinet est surnommé ainsi parce qu’il boîte, et il ne semble pas (aux yeux des autres) avoir la force nécessaire pour devenir paysan ou marin. Surtout, il a sur lui les ailes de la peur, qui l’empêche d’avancer. Son oncle, un de ses adjuvants avec son frère François, a beau prédire que des ailes du courage lui pousseront un jour, sa famille le cède comme apprenti à un tailleur, pour trois ans. 
Nous basculons alors dans le merveilleux, car Clopinet prend son destin en main et s’enfuit, première poussée de ses ailes de courage. Menacé d’être repris à cause de sa tante, qui n’a rien à envier aux méchantes belles-mères, il s’enfuit à nouveau et découvre la mer, les oiseaux, les falaises. Ce sont de petites voix qui l’appellent et qu’il pense être les esprits de la mer qui le guident. Pendant ces six mois de vie au grand air, Clopinet s’organise, se contente de peu, surtout, il observe la nature, les oiseaux, les guignettes, les pluviers, les alouettes des mers, et surtout les rupeaux, si recherchés pour leurs plumes. Nous en découvrons ainsi beaucoup sur eux, sans pour autant que le récit s’en trouve apesanti. 
Comme dans tout conte, après ce parcours initiatique, il revient auprès de ses parents, riche, et métamorphosé. Ce retour est à la fois un échec et une réussite. Un échec, car ses parents ne souhaitent pas le laisser voyager, une réussite car Clopinet s’instruira, auprès d’un apothicaire, d’un aristocrate ornithologue, le baron de Platecôte et d’un curé naturaliste. Il trouve des explications rationnelles aux phénomènes naturels qu’il a observés, sans pour autant perdre ses rêves. Il lui faudra cependant une succession d’épreuves pour qu’il atteigne son objectif et que le merveilleux reprenne tous ses droits. « 

Lisez ce merveilleux conte, si bien écrit par un grand écrivain, et vous ne verrez plus jamais Villers-sur-Mer et ses environs de la même façon ! Comme quoi le regard de certains grands écrivains peut enrichir notre propre perception des lieux.

George Sand y tisse une histoire, un conte, se situant entre Cabourg, Trouville, et Saint-Pierre-Azif à l’intérieur du Pays d’Auge, dont le héros Clopinet se réfugie pendant de longs mois dans la mystérieuse falaise de Villers/Mer, pour y vaincre ses peurs, et y renaître tel un phénix.

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