Michel TOURNIER, illustre résident et élève de Villers

Un très grand écrivain français, prix Goncourt 1970, Michel TOURNIER, décédé début 2016 a résidé longtemps en villégiature à Villers/Mer à la très charmante Villa « Courte-Paille » qui appartenait à sa famille sur les hauteurs de Villers, appelée ainsi sans doute pour son toit de chaume.

A partir de 1970 son œuvre littéraire n’a cessé d’être reconnue mondialement, et il est assurément, depuis, l’un des écrivains français contemporains le plus connu, traduit et étudié dans le monde entier, en particulier pour son oeuvre pédagogique pour les jeunes lecteurs.

A Villers, dans les années 60, il venait souvent en voisin prendre le café chez mes parents qui y avaient une résidence secondaire proche de celle de sa famille. Il avait à l’époque une vieille voiture, une simca aronde, et vivait de traductions français-allemand car il avait eu une éducation germanophile et avait fait après la guerre des études de philosophie en Allemagne pendant 4 ans. Il accompagnait souvent notre famille et nos familles amies à la piscine découverte de Trouville-sur-Mer.

Prenant récemment connaissance de sa biographie, j’ai appris que Michel TOURNIER, avait même fait sa classe de seconde à Villers/Mer pendant l’année 1939/40 placé là, pour cause de guerre, par ses parents qui y avaient cette villa de vacances, comme d’ailleurs, la même année, et pour les mêmes raisons de guerre, naissait à la Villa Arlette, louée à Villers, ma soeur aînée. On pourrait donc dire que c’est un enfant de Villers, même si de l’avis de ses maîtres c’était un élève exécrable !

Pourquoi ces propos, ici, sur un grand écrivain ayant une longue histoire avec Villers-sur-mer (élève à Villers en 1939, encore résident secondaire à Villers lorsqu’il obtient le prix Goncourt en 1970 !) ? Pour parler de ce qui fait une grande station balnéaire :

– Evidemment c’est avant tout un site privilégié offrant des qualités exceptionnelles. C’est le cas de Villers/Mer qui a très tôt attiré, dès la création de sa station, de nombreuses familles, entre aristocratie, grande bourgeoisie, mais aussi petite bourgeoisie, puis après l’arrivée du chemin de fer à Villers en 1882 de nombreux touristes de passage.

– Mais c’est tout autant la renommée des gens célèbres qui l’ont fréquentée avant nous. Nombre de personnes connues, ou qui le sont devenues, ont aimé venir à Villers, pour se détendre ou se ressourcer, entre vacances courtes et villégiatures plus longues. Je n’entreprendrai pas ici de les citer, beaucoup n’y ayant effectué que de brefs séjours.
Ce n’est pas le cas de Michel Tournier qui y avait une maison, qui y a sans doute écrit son tout 1er roman paru en 1967 : « Vendredi ou les limbes du Pacifique », Grand prix de l’Académie Française, et le second « Le Roi des Aulnes » qui obtenait le prix Goncourt en 1970 à l’unanimité ! Et qui est devenu depuis un écrivain reconnu mondialement, siégeant dès 1972 à l’Académie Goncourt.

– Les stations balnéaires voisines ne s’y sont pas trompées qui ont toutes choisi de s’identifier avec réussite à de très grands écrivains y ayant résidé longtemps (Marcel Proust à Cabourg, Marguerite Duras à Trouville, Alphonse Allais à Honfleur…), ou à défaut, ou en plus, de grands artistes (Boudin à Honfleur, Hambourg à Deauville), dont elles s’approprient l’image.
Et ça marche !
Cela marche parce qu’aujourd’hui, dans une civilisation où les loisirs occupent de plus en plus de place, il y a une forte demande des gens pour s’instruire (la culture) et pour vibrer (à travers l’art) sous toutes ses formes.

Villers-sur-mer, où vient de se tenir la 3ème édition de son « Salon du Livre », avec en invités vedettes des acteurs de cinéma et de télévision, Agnès Soral, Anne Richard, Bernard Menez, ou des chanteurs, Catherine Loeb, réputés à juste titre dans leur profession mais pas dans les lettres, choisit délibérément la médiocrité. A-t-elle définitivement choisi de renier son passé de grande station balnéaire et d’ignorer ce qu’elle lui doit.

S’il faut certes ouvrir une station balnéaire au plus grand nombre car il s’agit avant tout d’un loisir dont en démocratie tous doivent pouvoir profiter, celle-ci n’a rien à gagner à ne faire que du « populaire », avec des peoples se trompant de genre.

Elle doit aussi savoir se situer, lorsqu’elle a les références pour le faire, au plus haut niveau d’excellence ! Comme c’est le cas dans le domaine musical avec le « Festival des Nouveaux Talents » et les « Concerts du Hameau Fleuri d’origine privée » pour lesquels on imaginerait difficilement des interprètes issus d’ orchestres de variétés !
Villers s’est peut-être dans ce domaine souvenu qu’elle avait longtemps compté comme résident secondaire un illustre compositeur musical français
Charles Koechlin ?

La politique municipale de Villers aurait grand tort de tourner le dos au prestigieux passé de sa station balnéaire qui a donné la grande ville actuelle de Villers ! Bien au contraire, elle devrait mettre en exergue, comme les grandes stations voisines le font, ses résidents célèbres dont les oeuvres reconnues et couronnées ajoutent à la magie du lieu de Villers.

En continuant à ignorer ses propres enfants illustres et en préférant donner la vedette à des vedettes qui n’aspirent qu’à demeurer connues, elle ne fait que rabaisser continuellement l’image de sa station balnéaire au lieu de l’élever, quand justement beaucoup de gens demandent aujourd’hui une culture et un art authentique. A terme, quand les stations voisines réussiront à attirer une clientèle prestigieuse sur des événements de haut niveau, Villers ne sera plus qu’une station balnéaire de 3ème zone.

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