Editorial Mai 2018

22 mois avant l’élection municipale, cap sur Villers 2000 —-> 2026

En Mai fais ce qu’il te plaît dit le dicton ! Mais faire ce qu’il nous plairait à Villers supposerait de pouvoir en débattre avec les élus. L’élection municipale nous offre une fois tous les 6 ans cette si rare opportunité !

Une élection municipale « ouverte » à Villers/Mer en 2020 ?

Mais pour saisir l’occasion d’un vrai débat électoral, il faut nécessairement présenter une liste électorale en face de la liste municipale, ce qui depuis 30 ans ne s’est jamais produit.

La dernière élection (2014) n’a vu, comme les précédentes, qu’une seule liste se présenter, composée d’adjoints du maire sortant, Mr G. VAUCLIN, qui après 19 années ne se représentait pas.
Son 1er adjoint, Mr J.P. DURAND, est devenu maire prenant pour adjoints d’autres adjoints de la liste sortante, Mr P. AUBIN, Mme P. FORIN, Mme C. VINCENT… Cette  élection aura certes respecté la lettre de la procédure électorale, mais pas son esprit qui voudrait que les électeurs  puissent débattre de sujets sensibles concernant l’administration et l’avenir de leur commune, avant de voter en conséquence.

Faute depuis 3 décennies d’élections « ouvertes » à plusieurs listes, la liste municipale a toujours été assurée d’être élue avant même un vote démocratique devenu sans objet, sans avoir à mener campagne, ni à exposer et défendre sa vision pour l’avenir de Villers, ni à s’engager sur un programme précis, en étant de plus assurée des pleins pouvoirs pour 6 ans, sans aucuns conseillers municipaux d’opposition pour la gêner ! Villers, élection après élection, a ainsi vu se constituer un bloc municipal qui a fini par dissuader les électeurs de se présenter contre sa liste. Ceci a assez duré !

Les enjeux majeurs de l’élection municipale de 2020

1°) Une confrontation démocratique sur la politique locale

Villers n’est plus le petit village de ses débuts, avec des habitants se connaissant tous et peu de sujets à traiter, où l’élection était généralement entendue d’avance.
Villers est devenu une ville de 2 800 habitants et 2250 électeurs recensés au 1er janvier 2018 -population 10 fois supérieure à celle du village d’origine-, dont la plupart connaissent moins de cent habitants, et où la complexité des problèmes s’est accrue dans la même proportion, requérant la réflexion et l’implication du plus grand nombre possible de ses habitants.

La Municipalité ne pourra perpétuellement dissuader ses électeurs de s’impliquer dans l’élection municipale sous couvert d’une expertise et d’un apolitisme qui seraient garants de sa gestion avisée !

Quelle expertise ? La Municipalité actuelle de Villers/Mer :
–  n’a depuis 4 ans réalisé qu’avec grand retard ce qui était prévu en 2014
– n’a proposé aucun grand projet nouveau pour sa station balnéaire.
– a choisi en 2017, sans consulter ses électeurs, d’inféoder Villers à Deauville, lui abandonnant  la souveraineté de Villers dont elle avait la charge.

Quel apolitisme ? De n’être liée à aucun parti politique ! Mais, il va de soi que la dimension de Villers et son statut de pure station balnéaire ne la destinent pas à faire de la « grande politique », celle des grands débats nationaux où interviennent les partis politiques. Elle n’a donc pas à s’enorgueillir de cet apolitisme-là que pratiquent d’ailleurs de grandes stations voisines plus importantes.

La Municipalité actuelle ne serait donc composée que d’élus choisis pour leur expertise et leur apolitisme ? Ne serait-ce pas plutôt l’inverse : bien peu d’expertise en fait, mais beaucoup de politique, certes pas nationale, mais locale et peu participative, qui voit les élus décider chaque jour, chaque mois, chaque année, de tout sans consulter les électeurs, et sans le contrepoids d’une opposition au conseil municipal.

Lorsqu’on parle politique, il faut préciser ce qu’on entend par ce mot. Toute élection municipale est politique puisqu’elle confère à ses élus légitimité et autorité politique pour 6 années durant lesquelles ceux-ci auront la haute main sur la politique et l’administration. Aussi est-t-il anormal que l’élection de Villers ait été confisquée depuis 30 ans par un bloc municipal se parant d’apolitisme en jouant sur le mot « politique », quand au contraire il abuse d’une autorité politique conférée par l’élection municipale.

Villers doit sortir de ce fonctionnement biaisé et réapprendre les vertus de la démocratie. L’unité de la Commune ainsi que ses perspectives d’avenir en dépendent entièrement.

2°) De nouveaux élus actifs et compétents au Conseil Municipal

En 2014 l’«élection» municipale n’a été qu’une affaire de succession à l’intérieur du bloc municipal, totalement indépendante des électeurs villersois.
Après 6 ans d’un mandat électoral où les élus ont tenu à distance la concurrence, au terme duquel le Maire sortant a choisi de ne pas se représenter, le plus ancien/important dans la hiérarchie municipale lui a succédé, assurant en même temps aux autres sortants une promotion.

En place depuis 30 ans, cette équipe municipale a atteint un niveau d’incompétence élevé comme c’est le cas de toute structure hiérarchisée fermée. Ceci alors que les dernières élections nationales (présidentielle et législatives) ont montré que les français voulaient une représentation politique intègre et compétente.
Qui pourrait accepter que la politique et l’administration de Villers dépendent encore en 2020, pour 6 années de plus, de personnes siégeant au Conseil Municipal depuis des décennies, qui considèrent pour beaucoup comme normal un 5ème, voire un 6ème mandat (soit 30 ans de présence) ?

Aucun des 2250 électeurs de Villers, tenus isolés et à l’écart des affaires de la commune depuis si longtemps, ne doit laisser perdurer un tel détournement de la vie municipale, sauf à être insensible aux valeurs démocratiques, et à permettre une dérive du pouvoir municipal.

3°) Un vrai projet d’avenir pour Villers/Mer

Quelle est la vision de la Municipalité actuelle pour l’avenir de Villers/Mer ?
Elle n’en a dit mot ni lors de son élection, ni depuis. A défaut d’une vision d’avenir, elle gère Villers au coup par coup ! Villers a urgemment besoin d’une vision politique pour les années à venir.


On l’aura compris, la règle démocratique doit prévaloir à Villers. Le temps des copains, des arrangements entre amis de 30 ans doit faire place au temps républicain.
La liste municipale devra, comme c’est la règle démocratique, rendre compte de son bilan.
Les listes qui se porteront candidates pour le mandat 2020-2026 devront présenter un projet assorti d’un programme détaillé et chiffré, et accepter d’en débattre avec les autres listes.

Marc GERONDEAU