Villers/Mer Avenir, éditorial juin 2018

Election municipale et résidents secondaires 

Les «Municipales» sont, au même titre que la «Présidentielle», les «Législatives»…, une des grandes élections démocratiques nationales.
Elle a lieu tous les 6 ans dans chaque commune pour élire un nouveau Conseil Municipal qui l’administrera pendant les 6 années suivantes.
La prochaine élection municipale nationale aura lieu en mars 2020.

De nombreux résidents secondaires de Villers/Mer se demandent si cette élection  les concerne, et s’ils peuvent y prendre part. Nous répondons à cette question du seul point de vue du droit électoral actuel.
Auparavant, précisons que la loi électorale distingue dans une commune :
les résidents « principaux » (ayant déclaré leur résidence principale dans la commune) inscrits de droit sur les « listes électorales »,
– les résidents « secondaires » (
ayant déclaré leur résidence principale ailleurs que dans la commune), et n’y vivant officiellement que secondairement.

Un résident secondaire peut être électeur s’il répond à certains critères

Les habitants principaux  sont électeurs de droit de la commune.
Mais qu’en est-t-il des habitants secondaires ?
Intuitivement, on imagine bien que la loi électorale ne puisse écarter totalement de l’élection municipale les résidents secondaires qui y vivent une partie de l’année, y paient des impôts locaux, et y sont des administrés.

La loi électorale leur reconnaît en effet un droit à devenir électeur, mais à condition d’y satisfaire à l’un des 2 critères suivants :
– être résident secondaire et contribuable au titre des impôts locaux  depuis au moins 5 années consécutives,
– vivre effectivement dans la commune, de manière permanente et continue, hors son propre domicile principal, depuis au moins 6 mois.

Le souci du législateur a été ici de n’accorder  le droit d’être électeur à un résident secondaire que s’il présente des conditions suffisantes de stabilité (présence depuis 5 années, habitant permanent depuis 6 mois).

Tout habitant secondaire remplissant ces critères peut demander à voter à Villers plutôt que dans sa commune principale. La loi électorale lui reconnaît par là-même une légitimité égale à celle d’un habitant principal.

Un résident secondaire peut être candidat à l’élection municipale

Selon la loi électorale, peuvent être candidats à l’élection municipale :
– Tout électeur de la commune,
– Mais aussi tout contribuable au titre des impôts locaux de la commune inscrit au rôle des contributions directes, ou justifiant qu’il le sera au 1er janvier de l’année de l’élection (soit 1er janvier 2020).

Il est paradoxalement beaucoup plus facile à un résident secondaire d’être candidat à l’élection pour devenir conseiller municipal, que d’être électeur, la loi électorale l’y autorisant dès lors qu’il paie des impôts locaux.

Modalités de l’Election Municipale

Mais être candidat dans une commune de plus de 1 000 habitants (ce qui est le cas de Villers qui en compte 2 800 au 1er janvier 2018), ne peut se faire individuellement, l’élection municipale y étant une élection de listes.

La loi électorale oblige les listes candidates à présenter autant de candidats qu’il y a de représentants municipaux à élire (23 à Villers) .
Chaque candidat « secondaire » à l’élection municipale devra soit rejoindre  une liste officiellement candidate, soit créer sa propre liste.

Les élus municipaux seront pris sur chaque liste au prorata de son score au scrutin de listesen respectant l’ordre de ses membres numérotés de 1 à 23 .

Marc GERONDEAU

Villers/Mer Avenir, éditorial mai 2018

22 mois avant l’élection municipale, cap sur Villers 2000 –> 2026

En Mai fais ce qu’il te plaît dit le dicton ! Mais faire ce qu’il nous plairait à Villers supposerait de pouvoir en débattre avec les élus. L’élection municipale nous offre une fois tous les 6 ans une si rare opportunité !

Une élection municipale « ouverte » à Villers/Mer en 2020 ?

Mais pour saisir l’occasion d’un tel débat électoral, il faut nécessairement présenter une liste électorale en face de la liste municipale, ce qui depuis 30 ans ne s’est jamais produit.

La dernière élection de 2014 n’a vu, comme toutes les précédentes, qu’une seule liste se présenter, composée d’adjoints du maire sortant, Mr G. VAUCLIN, qui après 19 années ne se représentait pas.
Son 1er adjoint, Mr J.P. DURAND, est devenu maire en prenant pour adjoints d’autres adjoints de la liste sortante, Mr P. AUBIN, Mme P. FORIN, Mme C. VINCENT… Cette  élection aura certes respecté la lettre de la procédure électorale, mais  pas son esprit qui est de solliciter la parole et le vote des électeurs sur des sujets locaux sensibles comme l’administration et l’avenir de leur commune.

Ainsi, faute depuis 3 décennies d’élections « ouvertes » entre plusieurs listes, la liste municipale a-t-elle été assurée à chaque élection d’être élue avant même le vote, sans avoir à mener campagne, ni à exposer et débattre d’une vision pour Villers, ni à s’engager sur un programme précis, en étant de plus assurée des pleins pouvoirs pour 6 ans, sans aucuns conseillers municipaux d’opposition pour la gêner ! Villers, élection après élection, a vu ainsi se constituer un bloc municipal qui a fini par dissuader les électeurs de se présenter contre sa liste. Ceci a assez duré !

Les enjeux majeurs de l’élection municipale de 2020

1°) Une confrontation démocratique sur la politique locale

Villers n’est plus le petit village de ses débuts, avec des habitants se connaissant tous et peu de sujets à traiter, où l’élection était généralement entendue d’avance.
Villers est devenu une ville de 2 800 habitants et 2250 électeurs recensés au 1er janvier 2018 -population 10 fois supérieure à celle du village d’origine-, dont la plupart connaissent moins de cent habitants, et où la complexité des problèmes s’est accrue dans la même proportion, requérant la réflexion et l’implication du plus grand nombre possible de ses habitants.

La Municipalité ne pourra perpétuellement dissuader ses électeurs de s’impliquer dans l’élection municipale sous couvert de son expertise et de son apolitisme qui seraient garants de sa gestion avisée de Villers !

Quelle expertise ? La Municipalité actuelle de Villers/Mer :
–  n’a depuis 4 ans réalisé qu’avec grand retard ce qui était prévu en 2014
– n’a proposé aucun grand projet nouveau pour sa station balnéaire.
– a choisi en 2017, sans consulter ses électeurs, d’inféoder Villers à Deauville, abandonnant la souveraineté de Villers dont elle avait la charge.

Quel apolitisme ? De n’être liée à aucun parti politique ! Mais, il va de soi que la dimension de Villers et son statut de pure station balnéaire ne la destinent pas à faire de la « grande politique », celle des débats nationaux où interviennent les partis politiques. Elle n’a donc pas à s’enorgueillir de cet apolitisme-là que pratique d’ailleurs des stations voisines plus importantes.

Ainsi, la Municipalité actuelle ne serait donc composée que d’élus vertueux  choisis pour leur expertise et leur apolitisme ?
En y regardant de plus près, ne s’agirait-t-il pas plutôt d’élus sans expertise utilisés pour mener une politique locale peu participative, qui voit les élus décider chaque jour, chaque mois, chaque année, de tout sans consulter les électeurs, et sans aucun contrepoids d’opposition au conseil municipal.

Lorsqu’on parle de politique, il faut préciser ce qu’on entend par ce mot.  Toute élection municipale est bien évidemment une élection politique puisqu’elle confère à ses élus légitimité et autorité politique pour 6 années durant lesquelles ils auront la haute main sur l’administration et la politique municipales. Aussi est-t-il anormal que l’élection de Villers ait été confisquée depuis 30 ans par un bloc municipal qui, jouant sur le mot « politique », se pare d’apolitisme quand en fait il abuse au contraire de l’autorité politique que lui confère l’élection municipale.

Villers doit sortir de ce fonctionnement et réapprendre les vertus de la démocratie. L’unité de la Commune ainsi que ses perspectives d’avenir en dépendent entièrement.

2°) De nouveaux élus actifs et compétents au Conseil Municipal

En 2014 l’«élection» municipale n’a été qu’une affaire de succession à l’intérieur du bloc municipal, indépendante des électeurs villersois.
Après 6 ans d’un mandat électoral où les élus ont tenu à distance la concurrence, au terme duquel le Maire sortant a choisi de ne pas se représenter, le plus ancien/important dans la hiérarchie municipale lui a succédé, assurant en même temps aux autres sortants une promotion.

En place depuis 30 ans, cette équipe municipale a atteint un niveau d’incompétence élevé comme pour toute structure hiérarchisée fermée. Ceci alors que les dernières élections nationales (présidentielle et législatives) ont montré que les français voulaient une représentation politique plus intègre et compétente.
Qui pourrait accepter que la politique et l’administration de Villers dépendent encore en 2020, pour 6 années de plus, de personnes siégeant au Conseil Municipal depuis des décennies, qui considèrent pour beaucoup comme normal un 5ème, voire un 6ème mandat (soit 30 ans de présence) ?

Aucun des 2250 électeurs de Villers, tenus isolés et à l’écart des affaires de la commune depuis si longtemps, ne doit laisser perdurer un tel détournement de la vie municipale, sauf à être insensible aux valeurs démocratiques, et à permettre une dérive du pouvoir municipal.

3°) Un vrai projet d’avenir pour Villers/Mer

Quelle est la vision de la Municipalité actuelle pour l’avenir de Villers/Mer ?
Elle n’en a dit mot ni lors de son élection, ni depuis. A défaut d’une vision d’avenir, elle gère Villers au coup par coup ! Villers a urgemment besoin d’une vision politique pour les années à venir.


On l’aura compris, la règle démocratique doit prévaloir à Villers. Le temps des copains, des arrangements entre amis de 30 ans doit faire place au temps républicain.
La liste municipale devra, comme c’est la règle démocratique, rendre compte de son bilan.
Les listes qui se porteront candidates pour le mandat 2020-2026 devront présenter un projet assorti d’un programme détaillé et chiffré, et accepter d’en débattre avec les autres listes.

Marc GERONDEAU

Editorial, avril 2018

Editorial d’avril 2018 (23 mois avant les Municipales de mars 2020)
Ne pas tourner autour du pot comme un poisson d’avril dans un bocal !

I – La
 politique municipale villersoise depuis 50 ans

Sans discontinuer depuis 1/2 siècle, les municipalités successives de Villers/Mer ont répété à leurs habitants que seuls des élus « du cru » ( à savoir qui ? ) pouvaient les représenter et les préserver du grand danger constitué par des « parisiens » – terme désignant l’ensemble des résidents secondaires – qu’il faudrait absolument maintenir à l’écart d’une politique municipale n’appartenant qu’aux habitants «locaux».

Aussi ces municipalités n’ont-t-elles été constituées que d’une majorité de personnes résidant à Villers ou à proximité, accompagnées, pour la forme, d’une petite minorité d’habitants secondaires sélectionnés pour leur docilité, et présentés comme représentatifs des «parisiens».

On l’aura compris, depuis ½ siècle les résidents secondaires sont tenus à l’écart des affaires municipales de Villers. Les arguments exposés ci-après à l’appui de cette politique municipale excluant les «parisiens» sont-t-ils recevables alors même que les résidents secondaires font vivre Villers ?

1°) Seule une municipalité locale pourrait gérer convenablement la Commune de Villers ?

Selon ces municipalités, les résidents secondaires, ne venant à Villers que pour des loisirs, doivent être tenus à l’écart de la politique municipale, car seuls des habitants permanents sont à même de :

– Gérer Villers/Mer efficacement en tant que commune, au plus près de sa réalité locale
– Dialoguer avec l’ensemble de ses habitants permanents ( 2 800 habitants recensés en 2018 ! )
– Traiter de façon pertinente les contextes locaux du scolaire, du social, du médical, de l’associatif …

Les « secondaires » de Villers/Mer ne sont en conséquence admis à intervenir que dans une sphère restreinte aux loisirs associatifs, placée sous le contrôle vigilant de la Municipalité.

Ainsi depuis 50 ans nombre de résidents secondaires amoureux de Villers ne cessent de fournir au milieu associatif villersois, maintenu à l’écart de la politique municipale, quantité de bénévoles et responsables d’associations,  s’agissant de la Voile, du Foot, du Tennis, de la Paléontologie, du Jumelage…

2°) Seule une municipalité locale serait à même de défendre les intérêts des habitants de Villers ?

Toujours selon ces municipalités, aucune municipalité sinon locale ne prendrait la peine de se soucier correctement de l’avenir des habitants de Villers. Affirmation gratuite à défaut de la moindre preuve du contraire !

A contrario, nous demandons à la Municipalité actuelle qui perpétue de telles affirmations, quand elle n’a annoncé lors de son élection en 2014 aucun projet à caractère social, de communiquer son bilan après 4 années d’exercice, dans les secteurs de l’enseignement, de l’habitat, des sports et loisirs, de la culture…

3°) Seule une municipalité locale serait garante de l’ouverture de la station balnéaire à tous ?

Faute de la moindre opposition depuis 50 ans les municipalités successives de Villers ont fini par perdre le sens de la mesure, s’arrogeant des vertus démocratiques exclusives au service d’une station balnéaire au bénéfice de tous quand les résidents secondaires la coloniseraient à leur seul profit.

Encore un procès d’intention gratuit faute de la preuve du contraire !
Sauf à traiter les résidents secondaires de citoyens voyous souhaitant monopoliser la station balnéaire et ne pas l’ouvrir au plus grand nombre.

Sa magnifique plage est un domaine public, son patrimoine de grande station balnéaire est remarquable. Et surtout la prospérité de la commune  riche de 2 800 habitants dépend quasi exclusivement de leur exploitation.

II – Une politique qui n’est pourtant pas celle des grandes stations balnéaires voisines

L’exemple des prestigieuses stations balnéaires proches de Villers/Mer – Cabourg, Deauville, Trouville – montre que les dogmes serinés depuis 50 ans aux habitants de Villers/Mer par les municipalités villersoises successives ne sont pas l’unique voie de gouvernance municipale.

D’abord ces communes ne se permettent pas d’exclure de la représentation municipale les résidents secondaires qui contribuent par leur taxe d’habitation à 44% des recettes du budget municipal (INSEE 2014) !

Ensuite elles se préoccupent surtout et avant tout de développer et «vendre leur station balnéaire» sachant que les ressources qu’elles pourront consacrer à leurs habitants dépendront principalement de ses recettes.

En 1971 Cabourg en difficulté fit le choix d’élire un Maire, Bruno COQUATRIX, patron de l’Olympia de Paris, pour redynamiser sa station, qui adopta un slogan «Cabourg 109». Depuis lors Cabourg s’en porte mieux !

Qu’en est-t-il pour Villers/Mer aujourd’hui ?

1°) Villers aurait gagné à intégrer depuis longtemps le sang neuf de ses nombreux résidents secondaires

Villers/Mer qui a tant de qualités intrinsèques comme station balnéaire du littoral normand, et qui est dotée en plus d’un riche patrimoine ne risque évidemment pas de disparaître. La question n’est pas là !
La question est de savoir si Villers/Mer occupe la place qu’il mérite.

Une « pure station balnéaire » comme Villers (pure signifiant qui n’a pas d’autre activité importante) ne vit qu’à l’aune de ses résidents secondaires et d’un peu de tourisme de passage. Comment imaginer qu’une pure station balnéaire se coupe de ses résidents secondaires et les traite en figurants ?

Regardant du côté des principales stations balnéaires voisines, nous observons que très souvent ce sont des personnalités extérieures qui en sont les maires facilitant le lien important entre les utilisateurs de la station -ses commanditaires en quelque sorte- et la commune qui abrite celle-ci :
– C. CARDON à Trouville (maire depuis 32 ans), Lillois d’origine, vivant à Paris où il est rapporteur à la Cour des Comptes
– P. AUGIER à Deauville (maire depuis 17 ans) , Parisien d’origine, homme politique
– T. DUVAL à Cabourg (maire depuis 4 ans), Parisien d’origine, producteur de spectacles

On ne peut évidemment établir de règle sur le sujet de la gouvernance municipale d’une station balnéaire, beaucoup de maires locaux ayant admirablement développé leur station balnéaire, mais on ne peut à l’opposé ériger comme règle que seuls des élus locaux seraient à même d’administrer leur Commune, comme le prouvent ces contre-exemples très proches.

2°) Plutôt que de se replier sur soi … pour devenir finalement une banlieue de Deauville  

Un récent regroupement territorial imposé par l’Etat, entré en vigueur au 1erjanvier 2017, obligeait toutes les communes françaises à rejoindre des Communautés de Communes d’au moins 15 000 habitants dans le but de permettre des mutualisations de moyens, sans aucune obligation de leur part et à leur seule initiative.

La Communauté de Communes dont dépendait Villers (la CCCCF pilotée par Deauville) atteignant déjà ce seuil de 15 000 habitants, cette nouvelle loi territoriale n’imposait rien à Villers, contrairement à ce qu’a pu dire le Maire. La mutualisation de moyens (ordures ménagères, tourisme, sports, culture …) restait à l’appréciation de chaque commune, la preuve en est que Trouville/Mer n’a rien accepté sauf la mutualisation des ordures ménagères, gardant ses prérogatives dans les autres domaines (culture, sports, tourisme …) !

Le Maire actuel de Villers, faute sans doute de n’avoir guère de politique affirmée dans les domaines respectifs des sports, de la culture, de l’économie, et dans une mesure moindre du tourisme a choisi, à l’opposé, de se ranger entièrement sous la bannière de Deauville.

Villers/Mer est devenu Villers (Made) In Deauville

Je n’y souscris pas, car Villers/Mer a une histoire, une grande et authentique richesse qu’elle doit continuer à affirmer et défendre par elle-même.

Marc GERONDEAU

Villers/mer, éditorial mars 2018

Editorial Mars 2018 ( à 24 mois des Municipales de 2020 )

Un ami ayant recueilli des réactions de personnes « d’ici » à propos de ce site, m’a confié qu’elles n’y voyaient que des propos de « parisien » (avec, sous-entendu, un certain mépris).

Sur la forme

Ce témoignage ne me déplaît pas car mon souhait premier en créant ce blog était justement de faire réagir des citoyens villersois quelque peu endormis par l’auto-satisfaction d’une Municipalité sans opposition depuis 30 ans.

J’invite ces mêmes personnes à aller plus loin en laissant sur ce blog des commentaires qui seront publiés in-extenso (de manière anonyme si désiré). Et, s’ils le souhaitent, à prendre contact avec moi, via le formulaire « CONTACT » du Menu du Blog, afin d’échanger de vive voix sur le Villers d’aujourd’hui.

Sur le fond

Les clichés ont la vie dure ! Je me permettrai de faire remarquer que dans mon article « Evolution sociologique de Villers-sur-mer », comme dans tous les autres sur ce même site, je dis au contraire qu’il y a déjà et qu’il y aura toujours moins de raisons d’opposer « locaux et secondaires » à Villers, car Villers change profondément, et que cette distinction ne cessera de s’estomper, Villers devenant une ville.

S’ils veulent dire en revanche que mon site, lorsqu’il traite de l’histoire de la station balnéaire de Villers, évoque le rôle des parisiens, alors oui car c’est un fait historique !
Mon propos n’étant surtout pas d’arbitrer un match parisiens/locaux qui n’aurait aucun sens, mais que la Commune de Villers se souvienne de son passé et de grands artistes qui l’ont fréquenté afin de conforter son image étroitement liée au Second Empire et à la Belle Epoque, tout comme le font ses voisines !

Mais bien plus concrètement l’histoire de Villers pose la question de ce que doit faire une Commune du 21ème siècle qui a reçu en héritage une station balnéaire du 19ème siècle totalement démesurée.

A ce sujet, je veux poser la question des choix à faire aujourd’hui, car il est certain que la Commune ne pourra éternellement maintenir à l’identique les équipements surdimensionnés du passé, comme elle l’a fait très récemment avec le Tennis Club de Villers, sans la moindre analyse, en rachetant de nombreux terrains mis à la vente, ce qui alourdit aujourd’hui les dépenses de fonctionnement des tennis de Villers, alors même que l’époque est moins porteuse dans ce domaine.

Il est certes des domaines obligés comme celui de l’Eglise de Villers, de plus classée Monument Historique, car on ne peut vendre une église en la divisant en appartements ! Mais la Commune doit communiquer les coûts de rénovation et chercher à les minimiser. Les citoyens qui paient des impôts locaux ont un droit de regard.

D’autre part, tenant compte des finances moindres de Villers comparées à celles de ses grandes voisines, et des leçons du passé qui montrent que seules de très rares stations balnéaires ont les moyens d’investir dans des projets de très grande ampleur, je pose la question pour Villers du bien fondé d’un très grand pôle de santé à Villers-sur-mer, qui ne manquera pas à l’avenir de poser problème.

Pourquoi pas juste un pôle de santé -à définir- qui réponde simplement aux besoins de Villers ?
L’époque actuelle n’est plus à la démesure des très riches propriétaires du 19ème siècle, et la Municipalité de Villers serait fort mal avisée de vouloir les imiter !
L’époque actuelle est à l’économie.

Marc GERONDEAU

 

Marthe CHENAL

Marthe Chenal, cantatrice  du début du 20ème siècle,  posséda la villa « Le Cloître » à Villers/Mer située dans la rue qui porte son nom.

Melle CHENAL fut une cantatrice vedette qui connut la consécration dans les années 1900. Née à Saint-Maurice en 1881, fille d’un facteur de la banlieue parisienne, serveuse dans un café  à l’exposition de 1900, elle fut remarquée par Camille Erlanger, directeur de l’Opéra et compositeur, qui lui fit donner des leçons de diction, de chant et de maintien.

Description de l'image Marthe Chenal circa 1920.gif.

Elle entre au Conservatoire de Paris en 1901 où ses professeurs lui conseillèrent de ne pas continuer dans une carrière musicale, certains lui suggérant même de poursuivre une carrière au Moulin Rouge.
Dans la foulée, Marthe Chenal continue des études sur l’opéra avec Martini,  et lors de sa dernière année d’étude en 1905, remporte le le 1er Prix de Chant et le 1er Prix d’Opéra.

Marthe Chenal fait ses débuts à l’opéra en 1905 au Palais Garnier dans le rôle de Brunehild dans Sigurd d’Ernest Reyer. Elle continue à chanter dans cet opéra les trois années suivantes dans des rôles tels qu’Elizabeth dans Tannhaüser de Richard Wagner,  Marguerite dans Faust de Charles Gounod, Donna Anna dans Don Giovanni  de Mozart, et le rôle-titre dans Ariane de Massenet.

Devenue célèbre, elle découvre Villers en 1912. Son protecteur de l’époque lui offre la villa « Le Cloître » où elle entreprend des travaux et un aménagement intérieur en faisant une demeure luxueuse.

En 1916, Marthe Chenal se distingue en allant chanter la Marseillaise dans les tranchées de Verdun enroulée d’un drapeau tricolore, puis à nouveau le 11 novembre 1918 en entonnant la Marseillaise  sur les marches de l’Opéra pour célébrer l’armistice, ce qui suscita un véritable délire.

A Villers elle fait sensation ne se déplaçant que dans son Hispano.
Très sportive, elle se baigne par tous les temps, elle monte à cheval, et se fait construire un tennis qui attire la jeunesse chez elle.

Ce qui ne l’empêche pas de se produire à la kermesse de la Comtesse de Béarn à San Carlo au profit des écoles de Villers, et de chanter dans l’église de Villers devant l’évêque de Bayeux.

En 1941 les soldats allemands incendient « Le Cloître » qui symbolisait la réussite et le goût de Marthe Chenal.

Marthe Chenal mourut à Paris en 1947, âgée de 66 ans.

Villers-sur-mer station extra-or-de-mer

 L’avenir de la Commune de Villers-sur-Mer

L’avenir de la commune où on vit, de manière permanente ou temporaire, n’est sans doute pas  toujours la préoccupation quotidienne de ses résidents. Toutefois, être concerné par cet avenir est une question de bon sens dans une société où les changements s’accélèrent.

1°) Villers-sur-mer un petit village rural ancestral s’est transformé depuis 150 ans en une station balnéaire de renom comme cela a été le cas pour ses prestigieuses voisines, Cabourg, Deauville, Trouville…  avec lesquelles elle partage le littoral  dit de la «Côte Fleurie», où le «Pays d’Auge» – un des emblèmes de la Normandie – vient s’achever en baie de Seine.

Une station extra-or- de-mer

Son succès permanent, comme celui de ses consoeurs, a toujours tenu :
– à sa proximité de Paris et aux infrastructures de transport qui l’y relient (train et autoroute)
– à une station balnéaire dotée d’une très grande plage de sable fin et d’une eau de baignade de qualité
– à un magnifique arrière-pays, le « Pays d’Auge », terroir de merveilles touristiques et gastronomiques.

Ce succès explique que sa population permanente n’ait cessé de croître aux 19ème et 20ème siècles, nombre d’artisans/commerçants venant répondre aux besoins de résidents secondaires toujours plus nombreux.

2°) Villers-sur-mer est ainsi devenue une commune importante comptant 2 800 habitants permanents (recensement au 1er janvier 2018), offrant toujours plus d’équipements, de services, de commerces, d’animations…  où l’on peut dorénavant bien vivre à l’année.
Ainsi de nouveaux habitants en provenance d’horizons divers, attirés par le  charme balnéaire normand, viennent-t-ils s’y fixer désormais :
– des retraités faisant de leur résidence secondaire leur résidence principale
– des actifs n’ayant pas nécessairement un lien avec l’économie balnéaire de Villers dont l’activité en région normande ou parisienne s’exerce principalement à distance via les technologies modernes de communication qui nécessitent moins de déplacements physiques.

3°) Villers-sur-mer, devra demain conjuguer à la fois :

– sa station balnéaire qui depuis 150 ans n’a cessé de se développer et dont elle est toujours économiquement très dépendante et avec une économie touristique difficile à gérer
– une ville nouvelle en devenir qui voit affluer une population diverse n’ayant plus de lien direct avec l’économie de la station balnéaire

La Municipalité de Villers devra chercher à analyser et conjuguer ces 2 aspects pour un développement harmonieux de sa commune.

Villers/Mer doit s’atteler à penser son avenir, son avenir proche afin d’éviter de possibles écueils, mais aussi son avenir plus lointain qui lui lui permettra de s’inscrire durablement dans le 21ème siècle !

Une station extra-or-de-mer comme Villers a besoin de cette réflexion, car elle mérite le meilleur !

Marc GERONDEAU

Villers-sur-mer et le sport

Une politique sportive à Villers/Mer, laquelle ?

Le sport a de tout temps été considéré comme une valeur de développement de la personne, en même temps qu’un facteur de rapprochement entre individus d’origine, de formation et de niveaux sociaux divers.

La place reconnue du sport dans notre société

Pour de multiples raisons liées à l’évolution des pays développés, le sport est devenu une valeur majeure dans notre société, prônée et soutenue au plus haut niveau de l’Etat.

Pour preuve, la candidature olympique de Paris pour les Jeux Olympiques de 2024 soutenue très activement par le Président de la République, la Mairie de Paris, de nombreuses personnalités et industries du sport.

Les moyens financiers mis en oeuvre pour soutenir la candidature de Paris aux JO ont été considérables, comme le seront les investissements à venir pour la tenue de ces Jeux Olympiques en 2024.

Les déclinaisons du sport dans les collectivités territoriales

Certes la politique de l’Etat est déterminée par toutes sortes de considérations conjuguant des aspects d’ordre éducatif et social, financier, économique, et aussi politique, au niveau de la nation entière.

Mais les collectivités territoriales ne peuvent ignorer la dynamique sportive insufflée au plus haut niveau de l’Etat français. Le sport, quelle que soit sa valeur, éducative, sociale, économique, ou autre est devenu l’affaire de tous.

Les collectivités territoriales n’ont d’ailleurs pas attendu l’obtention récente des JO de 2024 pour investir dans le sport, la plupart considérant  depuis longtemps le développement de pôles sportifs dans leur territoire comme bénéfique, en particulier pour fixer et canaliser les jeunes dans des activités valorisées socialement.

La Commune de Villers/Mer et le sport

A la base des collectivités territoriales se situent les communes, chacune avec des moyens souvent bien différents. Chaque commune se doit de définir sa vision sportive, tenant compte bien évidemment de ses moyens.

La Commune de Villers/Mer a-t-elle une politique sportive pour le développement de sa population ? Si oui, laquelle ? Des niveaux bien différents peuvent être envisagés pour toute commune :

– Se contenter de procurer aux scolaires des initiations à des sports
– Mettre l’accent sur le sport en développant des infrastructures pour quelques disciplines choisies, et en poussant à la création de pôles associatifs sportifs compétitifs au plan départemental, voire régional
– Au-delà, faciliter l’intégration du sport de compétition dans la formation des jeunes de leur commune

Ayant été tout récemment pendant 2 ans Président du Tennis Club de Villers (TCV), je n’ai jamais entendu un exposé des autorités municipales présentant la moindre vision sportive.

Pourtant le budget municipal consacre année après année des sommes importantes pour améliorer les infrastructures sportives.  Villers-sur-mer a des installations sportives de qualité. Mais rénover des équipements sportifs et/ou en construire de nouveaux ne suffit pas à inciter les jeunes à faire du sport et à y réussir. Il faut en plus que la commune ait une ambition sportive et une politique sportive d’ensemble.

Quand l’Etat a une vision sportive, Villers n’en a aucune !

Le programme de la Municipalité actuelle comprenait en 2014 l’augmentation des logements sociaux pour retenir les jeunes dans la Commune. Car, chacun le sait, et le sent bien, Villers/mer vieillit année après année ! Il ne disait rien sur le sport, pas plus d’ailleurs qu’il ne disait grand-chose en général, sauf sur le « bien-être » dans la commune.

Les logements sociaux n’ont pas progressé. Et aucun programme sportif cohérent n’a été élaboré pour chercher à retenir les jeunes.

En revanche, Villers aura sa maison de retraite et un pôle médical  !

Evolution sociologique de Villers

A Villers on est, aujourd’hui encore,  habitant « local » ou « secondaire »

Villers-sur-mer n’existe que grâce à sa station balnéaire et a de ce fait pris l’habitude de catégoriser ses habitants entre ceux y ayant leur résidence première et principale, improprement appelés « locaux » –le terme adéquat serait « premiers », « principaux » « permanents » ou « primaires »-, et ceux qui n’y ont qu’une résidence secondaire, appelés « secondaires », ayant leur résidence principale ailleurs.

Aujourd’hui encore, toute personne déclarant sa résidence principale à Villers, et y devenant par le fait électeur, se verra connoté, selon ses origines, local ou secondaire. C’est le cas en particulier de très nombreux anciens résidents secondaires élisant leur résidence principale à Villers-sur-Mer mais qui se voient considérés à vie comme secondaires alors qu’ils vivent à l’année à Villers, souvent depuis de très nombreuses années.

Pourtant, les vrais habitants « locaux » ont disparu depuis longtemps

La véritable population locale de Villers est celle qui pendant de très nombreux siècles y a pratiqué l’agriculture et un peu de pêche vivrière.
Villers n’était alors qu’un hameau rural  d’~ 180 âmes, avec des seigneurs locaux habitant le Château de Villers, jusqu’à ce que s’y crée soudainement il y a 150 ans une station balnéaire de très grande envergure.

A souligner d’ailleurs que la famille seigneuriale de l’époque, représentée par Mr Raoul Paris d’Illins (1802-1874), alors maire de Villers, contribua grandement à l’essor de la station balnéaire naissante.

Une population nouvelle se substituant aux paysans autochtones séculaires n’a depuis cessé d’affluer ou de refluer en fonction des besoins de la station balnéaire. Les seigneurs locaux se sont progressivement effacés.

Mais cette population « locale » nouvelle, venant pour travailler sur place qui est d’une nature aussi volatile que la population dite «secondaire», ne peut s’arroger un quelconque titre de « localité ».

Entre un nouvel artisan installé depuis trois années à Villers et une famille de résidents secondaires propriétaires depuis 70 ans à Villers, il est bien artificiel de décréter ce nouvel artisan plus local que cette famille secondaire, quand il sera peut-être prochainement parti ailleurs !

Faute de vrais habitants locaux, Villers n’a que des habitants égaux

Faut-t-il le rappeler, le développement de Villers est dû historiquement à sa station balnéaire, et son économie en est toujours étroitement dépendante.

Cette vieille distinction mal nommée «local/secondaire» correspondait à une réalité à une époque où n’habitaient Villers à l’année que des artisans locaux dans une station balnéaire le plus souvent désertée, sauf aux beaux jours et aux vacances scolaires.

Mais depuis peu Villers/Mer connaît une situation nouvelle et différente avec une population de 2 800 habitants recensés au 1er janvier 2018 y vivant à l’année, devenue une vraie ville, dont tous les habitants ne sont plus seulement des travailleurs locaux au service de résidents secondaires.

Il y a toute une population nouvelle à Villers

Toute une population nouvelle se greffe actuellement à Villers du fait qu’on peut y vivre agréablement à l’année au bord de la mer avec les facilités et commodités que l’on peut trouver dans une ville de cette dimension.

Nombre de résidents secondaires font le choix, à leur retraite, d’y vivre à l’année, faisant de leur résidence secondaire leur résidence principale.

Mais également, de nouveaux résidents s’y installent pour travailler dans la région normande, voire même plus loin y compris en région parisienne. Les progrès en communication et transport autorisent un tel choix!

La Municipalité doit cesser de stigmatiser les « secondaires »

La Municipalité de Villers doit cesser de cataloguer ses propres électeurs – habitants dûment recensés à Villers – comme locaux (appelés souvent « principaux »), ou secondaires selon qu’ils viennent « du coin » (lequel ?),  ou qu’ils sont d’anciens résidents secondaires qui se sont fixés à Villers à leur retraite, ou maintenant de nouveaux habitants venus d’ailleurs ayant choisi Villers pour son charme et sa qualité de vie.

Non seulement cette distinction n’a plus aucune raison d’exister quand toute une population nouvelle se fixe à Villers qui n’est ni locale, ni secondaire, mais de plus une telle discrimination est de nature anti-républicaine et juridiquement condamnable. Chaque habitant principal de Villers a vocation à participer à sa vie municipale.

D’autre part ceux qu’on appelle les « secondaires » abondent la taxe d’habitation sur la Côte Fleurie à hauteur de 70% (Source : le Pays d’Auge), et continueront sans doute à la payer malgré sa « disparition » programmée, faisant vivre ses stations balnéaires.

A ce titre ces « résidents secondaires » méritent des égards.
Il semblerait  de plus normal qu’étant les vrais commanditaires de la station balnéaire ils soient davantage associés à sa gestion municipale.

Or ceci n’est plus le cas depuis longtemps à Villers où une Municipalité,  dirigée par des « locaux », n’intègre, pour la forme, au Conseil Municipal que de rares résidents secondaires ayant préalablement fait allégeance.

A nouvelle population, nouvelle représentation municipale

Une nouvelle population locale d’actifs émerge souhaitant profiter tout à la fois du développement du tourisme de passage qui fait que maintenant la station fonctionne à l’année, de l’augmentation continue du niveau de vie, des facilités de transport et de communication !
Longtemps dépendante exclusivement des résidents secondaires pour vivre, la population « locale » villersoise va s’ouvrir à d’autres horizons.

La Municipalité villersoise doit être consciente que la vieille dichotomie « local/secondaire » qu’elle entretient va voler en éclats, laissant la place à des « habitants tout court » qui donneront à chaque habitant comme à chaque résident secondaire la place qu’ils méritent tout naturellement.

 La municipalité de 2020 devra incarner un avenir et non un passé

L’actuelle Municipalité qui maintient toujours les dissensions et cloisonnements du passé empêche toute réflexion objective sur l’avenir de Villers, alors que le passé devrait être digéré une fois pour toutes.

Des locaux opposés à des secondaires, ou l’inverse, Villers n’en veut plus !

Villers souhaite juste des habitants qui réunissent toutes leurs intelligences pour élaborer l’avenir.

 

Forza Villers

De l’air et de l’ambition pour Villers-sur-Mer

Une station balnéaire née sous les meilleurs auspices

Villers-sur-Mer est une station balnéaire qui a tant d’atouts naturels qu’elle fut, dès ses origines (1856), très prisée de très nombreux riches propriétaires.

Sur toute la Côte Fleurie et même normande, Villers est la seule station balnéaire qui ait conservé un corpus aussi dense de villas « Second Empire » (2ème moitié du 19ème), quand ailleurs c’est la villa plus tardive « Belle Epoque » qui domine (début du 20ème jusqu’à 1914).

Outre le 2ème Casino de Villers de style Napoléon III (1878), aujourd’hui « Villa Régina », on peut citer la « villa San-Carlo », construite par le banquier de Napoléon III Mr DEMACHY (1877), dont la fille devint Comtesse de Béarn – qui a sa rue à Villers -, et d’autres encore comme la « Villa Mariani », aujourd’hui « La Commanderie », « Les quatre-vents » (1870)…

En 1851 Villers compte 15 villas, 225 en 1866, et 243 en 1881 pour une population qui explose en 30 ans jusqu’à atteindre 1469 habitants. Il subsiste plus de 600 villas aujourd’hui!

Le succès de Villers est dû au pittoresque de son site en amphithéâtre, entre la mer, la falaise des Vaches Noires, les collines de l’arrière-pays, offrant une multitude de points de vue sur la mer et la ville à partir de rues droites ou en courbe, qui permettent à chaque construction d’avoir sa vue mer.

Ce succès est dû aussi, à l’époque, au dynamisme de la commune et à la modernité de ses équipements, en particulier de ses casinos successifs qui se renouvellent périodiquement pour répondre aux nécessités du confort, des progrès et de la rentabilité.

Devenue une station en retrait par rapport à son passé

Si Villers a eu, à ses origines, de par ses qualités évidentes, un certain ascendant sur ses voisines, force est de reconnaître qu’aujourd’hui elle se se situe davantage en retrait.

Pourtant en plus d’un siècle d’existence la station balnéaire de Villers a été honorée de la fréquentation de très nombreuses personnalités, autant que ses voisines.

Quand les stations balnéaires voisines, Trouville, Deauville, Cabourg, font toutes état des « grands hommes » qui les auraient honorées de leur fréquentation, Villers-sur-Mer au nom d’une idéologie communale égalitaire a choisi d’ignorer les siens.

Pourtant, ces « personnalités » sont partout ailleurs reconnues et célébrées, à commencer là où elles sont nées ou enterrées. Seule Villers persiste à les ignorer.

Comme il y a un devoir de mémoire pour les combattants des 2 guerres de Villers qui ont donné leur vie pour leur pays et pour Villers , le Lt d’Hérouville, le Capitaine de Carpentier et le Lt Bagot, il y a un devoir de mémoire pour des personnalités qui ont elles aussi donné un peu d’elles-mêmes pour Villers.

Charles KOECHLIN compositeur de musique classique

Charles Koechlin (1867-1950) est alsacien et neveu du philosophe Charles Dollfus. Il a sa rue à Villers-sur-mer sur les hauts de Villers pour y être venu sa vie durant en villégiature dans une villa appelée le « Chalet Koechlin ».

Reçu à l’Ecole Polytechnique en 1887, il contracte une tuberculose pendant la seconde année qui l’oblige à interrompre ses études affectant son rang de sortie. Ne pouvant plus entreprendre la carrière d’officier de marine ou d’astronome à laquelle il aspire, il démissionne et entre au Conservatoire de Paris où il a Antoine Taudou comme professeur d’harmonie, et Jules Massenet et André Gedalge comme professeurs d’harmonie et composition.

À la mort de César Franck, il devient l’élève de Gabriel Fauré. Doué d’une belle voix de baryton, il chante dans des chœurs et c’est par des œuvres vocales qu’il commence sa carrière de compositeur, sur des poèmes de Théodore de Banville et de Leconte de Lisle.
Il écrit En mer, la nuit d’après Henrich Heine que les Concerts Colonne donnent en 1904, la suite symphonique L’Automne, ainsi que des mélodies sur des poèmes de Verlaine et de Samain.

Confronté rapidement à des difficultés pécuniaires, il se consacre à l’écriture d’ouvrages d’enseignement et donne d’assez nombreuses leçons (« Le meilleur élève de Koechlin, c’est lui-même » ), sans négliger la composition. On peut citer : Étude sur les notes de passage (1922), Précis des règles du contrepoint (1927), Traité d’harmonie (1928, 3 vol.), Étude sur l’écriture de la fugue d’école (1933), Étude sur les instruments à vent (1948).

Son monumental Traité de l’orchestration en 4 volumes (1941) aborde, entre autres, le mélange des couleurs et des nuances, ce qui lui vaut le qualificatif d’«alchimiste des sons»  de la part de Heinz Holliger,

Sa maîtrise de l’écriture pour orchestre est très vite reconnue par son maître Gabriel Fauré qui lui confie l’orchestration de sa musique de scène de Pelléas et Mélisande d’après Maeterlinck, créée à Londres le 20 juin 1898, ainsi que par Claude Debussy dont l’éditeur Jacques Durand lui demande d’achever son ballet Khamma, créé en 1924. Elle se reflète également dans les nombreux cycles de mélodies avec orchestre qu’il compose entre 1890 et 1902, dont Poèmes d’automne (opus 13 bis) et Trois Mélodies (opus 17 bis).

Avec Maurice Ravel et Florent Schmitt, il fonde en 1909 la Société musicale indépendante dans le but de promouvoir la musique contemporaine.

Entre 1910 et 1920, il entreprend des recherches architectoniques qu’il matérialise dans une quinzaine d’œuvres de musique de chambre (sonates pour différents instruments, quatuors et quintettes), ainsi que dans quelques compositions orchestrales : La Forêt païenne (1908), Trois Chorals pour orgue et orchestre et Cinq Chorals pour orchestre (1912-1920).

Il a composé trois recueils de Rondels de Banville, trois autres de mélodies sur des poèmes divers (avec piano ou orchestre), des chœurs sans paroles : La Forêt (1907), une Ballade pour piano et orchestre, Vingt Pièces enfantines pour piano seul, Vingt-quatre Esquisses, Douze Pastorales, Les Heures persanes (piano ou orchestre) d’après le récit de voyage Vers Ispahan de Pierre Loti, cinq Sonatines, douze Paysages et Marines.

Une liste des œuvres de Charles Koechlin :
– 226 numéros d’opus constituant une des œuvres les plus imposantes de son époque. Parmi ses œuvres de musique de chambre, on peut citer quatre Quatuors à cordes, une Suite en quatuor, une Sonate pour deux flûtes, un Quintette pour piano et cordes, un Septuor pour instruments à vent, le quintette « Primavera » pour flûte, violon, alto, violoncelle et harpe, des sonates pour divers instruments et Les Chants de Nectaire (1944), trois suites de 32 pièces pour flûte seule.
des œuvres symphoniques : Vers la plage lointaine, Soleil et danses dans la forêt, Les Saisons (1912), une Symphonie d’hymnes (au Soleil, au Jour, à la Nuit, à la Jeunesse et à la Vie) qui a obtenu le prix Cressent en 1936, Cinq Chorals dans le style des modes du Moyen Âge (polyphonie modale) et une Première Symphonie (prix Halphen en 1937). Il a également écrit une pastorale biblique en un acte, Jacob chez Laban montée au théâtre Beriza et un ballet, L’Âme heureuse, créé en 1908 à l’Opéra-Comique.
– des poèmes symphoniques avec Les Vendanges (1896-1906), La Nuit de Walpurgis classique (1901-1907), Chant funèbre à la mémoire des jeunes femmes défuntes (1902-1907), Le Livre de la Jungle (1899-1939) d’après Kipling, Vers la voûte étoilée (1923) à la mémoire de son ami l’astronome Camille Flammarion et surtout Le Docteur Fabricius (1946) d’après la nouvelle de son oncle Charles Dollfus.

Son admiration pour Jean-Sébastien Bach se reflète dans un grand nombre de Chorals et de Fugues, mais surtout dans l’imposante Offrande musicale sur le nom de Bach, op. 187 (1942) où il démontre sa maîtrise du contrepoint sous toutes ses formes.

L’esprit ouvert, il se passionne pour le cinéma et compose une Seven Stars’ Symphony (1933) dédiée à sept acteurs, dont Douglas Fairbanks, Greta Garbo, Marlene Dietrich et Charlie Chaplin pour le Final qui évoque « l’âme chimérique, la résignation et l’espoir » de l’artiste. Il compose même plusieurs musiques pour des films imaginaires comme Le Portrait de Daisy Hamilton (1934), ou Les Confidences d’un joueur de clarinette (1934) dont il écrit lui-même le scénario d’après le roman d’Erckmann-Chatrian. Mais une seule accompagne effectivement un film, Victoire de la vie, réalisé par Henri Cartier-Bresson en 1937 pour soutenir la lutte des républicains espagnols.

Pour les fêtes de l’Exposition universelle de 1937, il célèbre les Eaux vives. En 1945, il termine Le Buisson ardent tiré du roman Jean-Christophe de son ami Romain Rolland, dans lequel il utilise les ondes Martenot.

Passionné d‘astronomie, il s’est aussi adonné à l’art de la photographie (plus de 4 200 clichés stéréoscopiques en témoignent) jusqu’à publier en 1933 un recueil de photographies intitulé Ports, en collaboration avec Jean de Morène et Daniel Biot.

L’influence de Koechlin s’est exercée non seulement par sa musique et ses ouvrages théoriques mais aussi par ses conférences, notamment aux États-Unis (dans différentes villes en 1918 puis à l’université de Berkeley en Californie en 1928). Sa curiosité toujours en éveil, sa grande érudition et son empressement à défendre les jeunes générations de musiciens ont suscité de nombreuses vocations ; on compte ainsi parmi ses élèves ou ses disciples Francis Poulenc, Maxime Jacob, Roger Désormière, Germaine Tailleferre, Ferdinand Barlow, Henri Sauguet, Cole Porter et Francis Dhomont.

Farouchement indépendant, revendiquant un esprit de liberté, il s’est tenu à l’écart des cénacles artistiques, ce qui explique qu’il soit aujourd’hui un des compositeurs les moins connus (et les moins joués) de l’École française. C’est sans regrets qu’il dit en 1947 : «au soir de ma vie, je me rends compte que la réalisation de mes rêves d’artiste, pour incomplète qu’elle soit, m’a donné la satisfaction intime de n’avoir pas perdu mon temps sur la Terre. »

Villers est fier d’avoir compté comme résident secondaire fidèle tout au long de sa  vie une personne de la qualité de Charles KOECHLIN, exemple d’une reconversion artistique réussie jeune face au handicap, d’une créativité  et d’une excellence reconnues par tous les grands musiciens de son époque.

Malheureusement sa très grande discrétion fait qu’il n’occupe pas dans le paysage musical français aujourd’hui la place que mérite son oeuvre.