Editorial, avril 2018

Editorial d’avril 2018 (23 mois avant les Municipales de mars 2020)
Ne pas tourner autour du pot comme un poisson d’avril dans un bocal !

I – La
 politique municipale villersoise depuis 50 ans

Sans discontinuer depuis 1/2 siècle, les municipalités successives de Villers/Mer ont répété à leurs habitants que seuls des élus « du cru » ( à savoir qui ? ) pouvaient les représenter et les préserver du grand danger constitué par des « parisiens » – terme désignant l’ensemble des résidents secondaires – qu’il faudrait absolument maintenir à l’écart d’une politique municipale qui n’appartiendrait qu’aux «locaux».

Aussi ces municipalités n’ont-t-elles été toujours constituées que d’une majorité de personnes résidant à Villers ou à proximité, accompagnées pour la forme d’une minorité d’habitants secondaires sélectionnés pour leur docilité, présentés comme représentatifs de la collectivité des «parisiens».

On l’aura compris, depuis ½ siècle les résidents secondaires sont tenus à l’écart des affaires municipales de Villers. Les arguments exposés ci-après à l’appui de cette politique municipale excluant les «parisiens» sont-t-ils recevables alors même que les résidents secondaires font vivre Villers ?

1°) Seule une municipalité locale pourrait gérer convenablement la Commune de Villers ?

Selon ces municipalités les résidents secondaires, ne venant à Villers que pour des loisirs, devraient être tenus à l’écart de la politique municipale, car seuls des habitants permanents seraient à même de :

  • Gérer Villers/Mer efficacement en tant que commune, au plus près de sa réalité locale
  • Dialoguer avec l’ensemble de ses habitants permanents ( 2 800 habitants recensés en 2018 ! )
  • Traiter de façon pertinente les contextes locaux du scolaire, du social, du médical, de l’associatif …Les « secondaires » de Villers/Mer ne sont en conséquence admis à intervenir que dans une sphère restreinte aux loisirs associatifs, placée sous le contrôle vigilant de la Municipalité.

Ainsi depuis 50 ans nombre de résidents secondaires amoureux de Villers ne cessent de fournir au milieu associatif villersois, maintenu à l’écart de la politique municipale, quantité de bénévoles et responsables d’associations,  s’agissant de la Voile, du Foot, du Tennis, de la Paléontologie, du Jumelage…

2°) Seule une municipalité locale serait à même de défendre les intérêts des habitants de Villers ?

Toujours selon ces municipalités, aucune municipalité sinon locale ne prendrait la peine de se soucier correctement de l’avenir des habitants de Villers. Affirmation gratuite à défaut de la moindre preuve du contraire !

Aussi demandons-nous, à contrario, à la Municipalité actuelle qui perpétue de telles affirmations, tout en n’ayant annoncé lors de son élection en 2014 aucun projet à caractère social, de communiquer son bilan après 4 années d’exercice  dans les secteurs de l’enseignement, de l’habitat, des sports et loisirs, de la culture…

3°) Seule une municipalité locale serait garante de l’ouverture de sa station balnéaire à tous ?

Faute de la moindre opposition depuis 50 ans les municipalités successives de Villers ont fini par perdre le sens de la mesure s’arrogeant des vertus démocratiques exclusives pour une station balnéaire au bénéfice de tous quand les résidents secondaires la coloniseraient à leur seul profit.

Encore un procès d’intention gratuit faute de la preuve du contraire !
Sauf à traiter les résidents secondaires de citoyens voyous souhaitant monopoliser la station balnéaire et ne pas l’ouvrir au plus grand nombre.

Sa magnifique plage est un domaine public, son patrimoine de grande station balnéaire est remarquable. Et surtout la prospérité de la commune  riche de 2 800 habitants dépend quasi exclusivement de leur exploitation.

II – Une politique qui n’est pourtant pas celle des grandes stations balnéaires voisines

L’exemple des prestigieuses stations balnéaires proches de Villers/Mer – Cabourg, Deauville, Trouville – montre que les dogmes serinés depuis 50 ans aux habitants de Villers/Mer par les municipalités villersoises successives ne sont pas l’unique voie de gouvernance municipale.

D’abord ces communes ne se permettent pas d’exclure de la représentation municipale les résidents secondaires qui contribuent par leur taxe d’habitation à 44% des recettes du budget municipal (INSEE 2014) !

Ensuite elles se préoccupent surtout et avant tout de développer et «vendre leur station balnéaire» sachant que les ressources qu’elles pourront consacrer à leurs habitants dépendront principalement de ses recettes.

En 1971 Cabourg en difficulté fit le choix d’élire un Maire, Bruno COQUATRIX, patron de l’Olympia de Paris, pour redynamiser sa station, qui adopta un slogan «Cabourg 109». Depuis lors Cabourg s’en porte mieux !

Qu’en est-t-il pour Villers/Mer aujourd’hui ?

1°) Villers aurait gagné à intégrer depuis longtemps le sang neuf de ses nombreux résidents secondaires

Villers/Mer qui a tant de qualités intrinsèques comme station balnéaire du littoral normand, et qui est dotée en plus d’un riche patrimoine ne risque évidemment pas de disparaître. La question n’est pas là !
La question est de savoir si Villers/Mer occupe la place qu’il mérite.

Une « pure station balnéaire » comme Villers (pure signifiant qui n’a pas d’autre activité importante) ne vit qu’à l’aune de ses résidents secondaires et d’un peu de tourisme de passage. Comment imaginer qu’une pure station balnéaire se coupe de ses résidents secondaires et les traite en figurants ?

Regardant du côté des principales stations balnéaires voisines, nous observons que très souvent ce sont des personnalités extérieures qui en sont les maires facilitant le lien important entre les utilisateurs de la station -ses commanditaires en quelque sorte- et la commune qui abrite celle-ci :
– C. CARDON à Trouville (maire depuis 32 ans), Lillois d’origine, vivant à Paris où il est rapporteur à la Cour des Comptes
– P. AUGIER à Deauville (maire depuis 17 ans) , Parisien d’origine, homme politique
– T. DUVAL à Cabourg (maire depuis 4 ans), Parisien d’origine, producteur de spectacles

On ne peut évidemment établir de règle sur le sujet de la gouvernance municipale d’une station balnéaire, beaucoup de maires locaux ayant admirablement développé leur station balnéaire, mais on ne peut à l’opposé ériger comme règle que seuls des élus locaux seraient à même d’administrer leur Commune, comme le prouvent ces contre-exemples très proches.

2°) Plutôt que de se replier sur soi … pour devenir finalement une banlieue de Deauville  

Un récent regroupement territorial imposé par l’Etat, entré en vigueur au 1erjanvier 2017, obligeait toutes les communes françaises à rejoindre des Communautés de Communes d’au moins 15 000 habitants dans le but de permettre des mutualisations de moyens, sans aucune obligation de leur part et à leur seule initiative.

La Communauté de Communes dont dépendait Villers (la CCCCF pilotée par Deauville) atteignant déjà ce seuil de 15 000 habitants, cette nouvelle loi territoriale n’imposait rien à Villers contrairement à ce qu’a pu dire le Maire. La mutualisation de moyens (ordures ménagères, tourisme, sports, culture …) restait à l’appréciation de chaque commune, la preuve en est que Trouville/Mer n’a rien accepté sauf la mutualisation des ordures ménagères, gardant ses prérogatives dans les autres domaines (culture, sports, tourisme …) !

Le Maire actuel de Villers, faute sans doute de n’avoir guère de politique affirmée dans les domaines respectifs des sports, de la culture, de l’économie, et dans une mesure moindre du tourisme, a choisi à l’opposé de se ranger entièrement sous la bannière de Deauville.

Villers/Mer est devenu Villers (Made) In Deauville

Je n’y souscris pas, car Villers-sur-Mer a une grande et authentique richesse qu’elle doit continuer à affirmer et défendre par elle-même !

Marc GERONDEAU