Evolution sociologique de Villers

A Villers on est, aujourd’hui encore,  habitant « local » ou « secondaire »

Villers-sur-mer n’existe que grâce à sa station balnéaire et a de ce fait pris l’habitude de catégoriser ses habitants entre ceux y ayant leur résidence première et principale, improprement appelés « locaux » –le terme adéquat serait « premiers », « principaux » « permanents » ou « primaires »-, et ceux qui n’y ont qu’une résidence secondaire, appelés « secondaires », ayant leur résidence principale ailleurs.

Aujourd’hui encore, toute personne déclarant sa résidence principale à Villers, et y devenant par le fait électeur, se verra connoté, selon ses origines, local ou secondaire. C’est le cas en particulier de très nombreux anciens résidents secondaires élisant leur résidence principale à Villers-sur-Mer mais qui se voient considérés à vie comme secondaires alors qu’ils vivent à l’année à Villers, souvent depuis de très nombreuses années.

Pourtant, les vrais habitants « locaux » ont disparu depuis longtemps

La véritable population locale de Villers est celle qui pendant de très nombreux siècles y a pratiqué l’agriculture et un peu de pêche vivrière.
Villers n’était alors qu’un hameau rural  d’~ 180 âmes, avec des seigneurs locaux habitant le Château de Villers, jusqu’à ce que s’y crée soudainement il y a 150 ans une station balnéaire de très grande envergure.

A souligner d’ailleurs que la famille seigneuriale de l’époque, représentée par Mr Raoul Paris d’Illins (1802-1874), alors maire de Villers, contribua grandement à l’essor de la station balnéaire naissante.

Une population nouvelle se substituant aux paysans autochtones séculaires n’a depuis cessé d’affluer ou de refluer en fonction des besoins de la station balnéaire. Les seigneurs locaux se sont progressivement effacés.

Mais cette population « locale » nouvelle venant pour travailler sur place étant d’une nature aussi volatile que peut l’être la population dite «secondaire», ne peut s’arroger un quelconque titre de « localité ».

Entre un nouvel artisan installé depuis trois années à Villers et une famille de résidents secondaires propriétaires depuis 70 ans à Villers, il est bien artificiel de décréter ce nouvel artisan plus local que cette famille secondaire, quand il sera peut-être prochainement parti ailleurs !

Faute de vrais habitants locaux, Villers n’a que des habitants égaux

Faut-t-il le rappeler, le développement de Villers est dû historiquement à sa station balnéaire, et son économie en est toujours étroitement dépendante.

Cette vieille distinction mal nommée «local/secondaire» correspondait à une réalité à une époque où n’habitaient Villers à l’année que des artisans locaux dans une station balnéaire le plus souvent désertée sauf aux beaux jours et aux vacances scolaires.

Mais depuis peu Villers/Mer connaît une situation nouvelle et différente avec une population de 2 800 habitants recensés au 1er janvier 2018 y vivant à l’année, devenue une vraie ville dont tous les habitants ne sont plus seulement des travailleurs locaux au service de résidents secondaires.

Il y a toute une population nouvelle à Villers

Toute une population nouvelle se greffe actuellement à Villers du fait qu’on peut y vivre agréablement à l’année au bord de la mer avec les facilités et commodités que l’on peut trouver dans une ville de cette dimension.

Nombre de résidents secondaires font le choix, à leur retraite, d’y vivre à l’année, faisant de leur résidence secondaire leur résidence principale.

Mais également, de nouveaux résidents s’y installent pour travailler dans la région normande, voire même plus loin y compris en région parisienne. Les progrès en communication et transport autorisent un tel choix!

La Municipalité doit cesser de stigmatiser les « secondaires »

La Municipalité de Villers doit cesser de cataloguer ses propres électeurs – habitants dûment recensés à Villers – comme locaux (appelés souvent « principaux »), ou secondaires selon qu’ils viennent « du coin » (lequel ?),  ou qu’ils sont d’anciens résidents secondaires qui se sont fixés à Villers à leur retraite, ou maintenant de nouveaux habitants venus d’ailleurs ayant choisi Villers pour son charme et sa qualité de vie.

Non seulement cette distinction n’a plus aucune raison d’exister quand toute une population nouvelle se fixe à Villers qui n’est ni locale, ni secondaire, mais de plus une telle discrimination est de nature anti-républicaine et juridiquement condamnable. Chaque habitant principal de Villers a vocation à participer à sa vie municipale.

D’autre part ceux qu’on appelle les « secondaires » abondent la taxe d’habitation sur la Côte Fleurie à hauteur de 70% (Source : le Pays d’Auge), et continueront sans doute à la payer malgré sa « disparition » programmée, faisant vivre ses stations balnéaires.

A ce titre ces « résidents secondaires » méritent des égards.
Il semblerait  de plus normal qu’étant les vrais commanditaires de la station balnéaire ils soient davantage associés à sa gestion municipale.

Or ceci n’est plus le cas depuis longtemps à Villers où une Municipalité,  dirigée par des « locaux », n’intègre, pour la forme, au Conseil Municipal que de rares résidents secondaires ayant préalablement fait allégeance.

A nouvelle population, nouvelle représentation municipale

Une nouvelle population locale d’actifs émerge souhaitant profiter tout à la fois du développement du tourisme de passage qui fait que maintenant la station fonctionne à l’année, de l’augmentation continue du niveau de vie, des facilités de transport et de communication !
Longtemps dépendante exclusivement des résidents secondaires pour vivre, la population « locale » villersoise va s’ouvrir à d’autres horizons.

La Municipalité villersoise doit être consciente que la vieille dichotomie « local/secondaire » qu’elle entretient va voler en éclats, laissant la place à des « habitants tout court » qui donneront à chaque habitant comme à chaque résident secondaire la place qu’ils méritent tout naturellement.

 La municipalité de 2020 devra incarner un avenir et non un passé

L’actuelle Municipalité qui maintient toujours les dissensions et cloisonnements du passé empêche toute réflexion objective sur l’avenir de Villers, alors que le passé devrait être digéré une fois pour toutes.

Des locaux opposés à des secondaires, ou l’inverse, Villers n’en veut plus !

Villers souhaite juste des habitants qui réunissent toutes leurs intelligences pour élaborer l’avenir.