Gustave CAILLEBOTTE peintre à Villers/Mer

Gustave CAILLEBOTTE peintre majeur de l’Impressionnisme
Régatier en baie de Seine
Horticulteur, correspondant de MONET

Peintre et mécène impressionniste (1848-1894)

Gustave Caillebotte, décédé à 46 ans , qui a laissé à la postérité quelque 500 toiles, dont beaucoup de chefs d’oeuvre, est une des figures majeures du Mouvement Impressionniste :

  • Il fut, à l’égal de ses camarades, un très grand peintre du Mouvement Impressionniste. Ancien élève des Beaux-Arts de Paris, élève de Léon Bonnat, il rencontra dès 1874 Edgar Degas, Claude Monet, et Pierre Auguste Renoir.
  • Né en 1848 d’une famille très aisée ayant bâti sa fortune dans les textiles, la consolidant ensuite dans les biens immobiliers lors du développement du Paris du Baron Haussmann, il aida ses congénères à organiser dès 1874 la 1ère exposition des Impressionnistes à Paris, puis la plupart des suivantes. Novateur, un de ses principaux chefs-d’œuvre (« Les Raboteurs de Parquet » 1875, Musée d’Orsay) fut refusé au Salon.

Rue de Paris par temps de pluie (1875)

Art Institute of Chicago

  • Il fut aussi un collectionneur (et mécène) du mouvement impressionniste achetant de nombreuses œuvres à ses amis impressionnistes afin de les aider (dont le « Bal du Moulin de la Galette » de Renoir). Ayant légué par testament avant sa mort soixante-sept tableaux impressionnistes de sa collection personnelle à l’Etat, ce dernier n’en accepta finalement que trente-huit, au terme de deux ans de violentes polémiques entre Renoir, exécuteur testamentaire de Caillebotte, et l’Académie des Beaux-Arts protestant contre l’entrée de ces tableaux, représentations d’un art dégénéré, au Musée du Luxembourg -qualifiant l’événement d’offense à la dignité de son Ecole-! A signaler qu’aucun Cézanne de sa collection ne fut accepté par l’Etat !
    Les tableaux refusés, achetés par des collectionneurs américains, reviennent à l’occasion lors d’expositions à Paris (Collection Barnes…).

L’ingénieur passionné de compétitions navales, peignant à Villers

Egalement ingénieur, Caillebotte fut un régatier qui se passionna pour la vitesse et chercha à perfectionner ses bateaux. Architecte naval, il les dessine et les construit lui-même dans un atelier situé à la SNECMA. Il y créera de véritables pur-sangs des mers aux multiples innovations (voile en soie, lest extérieur, coques aérodynamiques…) avec lesquels il remporte de nombreux titres mondiaux.

C’est à ce titre qu’il vint souvent régater en baie de Seine, laissant dans son sillage quelques somptueuses vues de Trouville et de Villers.

 Villa à Villers 1880
Ndlr : Villa « Les Ammonites »

 

 

Villas à Villers 1880
Ndlr : Villas « Ste-Julie » , « Le Rocher »

 

 

 

 Les Vaches Noires 1880

 

Régates à Villers 1880

 

 

L’horticulteur, correspondant de Monet en horticulture

En 1881, il achète une maison avec jardin au Petit-Gennevilliers où il réalisera nombre de ses oeuvres peintes.

Horticulteur émérite il crée dans ses serres des orchidées, et correspond avec Monet lorsque celui-ci crée son jardin à Giverny .

 

Michel TOURNIER, illustre résident et élève de Villers

Un très grand écrivain français, prix Goncourt 1970, Michel TOURNIER, décédé début 2016 a résidé longtemps en villégiature à Villers/Mer à la très charmante Villa « Courte-Paille » qui appartenait à sa famille sur les hauteurs de Villers, appelée ainsi sans doute pour son toit de chaume.

A partir de 1970 son œuvre littéraire n’a cessé d’être reconnue mondialement, et il est assurément, depuis, l’un des écrivains français contemporains le plus connu, traduit et étudié dans le monde entier, en particulier pour son oeuvre pédagogique pour les jeunes lecteurs.

A Villers, dans les années 60, il venait souvent en voisin prendre le café chez mes parents qui y avaient une résidence secondaire proche de celle de sa famille. Il avait à l’époque une vieille voiture, une simca aronde, et vivait de traductions français-allemand car il avait eu une éducation germanophile et avait fait après la guerre des études de philosophie en Allemagne pendant 4 ans. Il accompagnait souvent notre famille et nos familles amies à la piscine découverte de Trouville-sur-Mer.

Prenant récemment connaissance de sa biographie, j’ai appris que Michel TOURNIER, avait même fait sa classe de seconde à Villers/Mer pendant l’année 1939/40 placé là, pour cause de guerre, par ses parents qui y avaient cette villa de vacances, comme d’ailleurs, la même année, et pour les mêmes raisons de guerre, naissait à la Villa Arlette, louée à Villers, ma soeur aînée. On pourrait donc dire que c’est un enfant de Villers, même si de l’avis de ses maîtres c’était un élève exécrable !

Pourquoi ces propos, ici, sur un grand écrivain ayant une longue histoire avec Villers-sur-mer (élève à Villers en 1939, encore résident secondaire à Villers lorsqu’il obtient le prix Goncourt en 1970 !) ? Pour parler de ce qui fait une grande station balnéaire :

– Evidemment c’est avant tout un site privilégié offrant des qualités exceptionnelles. C’est le cas de Villers/Mer qui a très tôt attiré, dès la création de sa station, de nombreuses familles, entre aristocratie, grande bourgeoisie, mais aussi petite bourgeoisie, puis après l’arrivée du chemin de fer à Villers en 1882 de nombreux touristes de passage.

– Mais c’est tout autant la renommée des gens célèbres qui l’ont fréquentée avant nous. Nombre de personnes connues, ou qui le sont devenues, ont aimé venir à Villers, pour se détendre ou se ressourcer, entre vacances courtes et villégiatures plus longues. Je n’entreprendrai pas ici de les citer, beaucoup n’y ayant effectué que de brefs séjours.
Ce n’est pas le cas de Michel Tournier qui y avait une maison, qui y a sans doute écrit son tout 1er roman paru en 1967 : « Vendredi ou les limbes du Pacifique », Grand prix de l’Académie Française, et le second « Le Roi des Aulnes » qui obtenait le prix Goncourt en 1970 à l’unanimité ! Et qui est devenu depuis un écrivain reconnu mondialement, siégeant dès 1972 à l’Académie Goncourt.

– Les stations balnéaires voisines ne s’y sont pas trompées qui ont toutes choisi de s’identifier avec réussite à de très grands écrivains y ayant résidé longtemps (Marcel Proust à Cabourg, Marguerite Duras à Trouville, Alphonse Allais à Honfleur…), ou à défaut, ou en plus, de grands artistes (Boudin et Satie à Honfleur, Hambourg à Deauville), dont elles s’approprient l’image auxquels elles consacrent des musées.
Et ça marche !
Cela marche parce que dans notre civilisation où les loisirs occupent toujours plus de place, il y a une forte demande de cultures comme formation de l’esprit, et d’arts comme évasion de l’esprit vers le sacré.

Villers-sur-mer, où vient de se tenir la 3ème édition de son « Salon du Livre », avec en invités vedettes des acteurs de cinéma et de télévision, Agnès Soral, Anne Richard, Bernard Menez, ou des chanteurs, Catherine Loeb, réputés à juste titre dans leur profession mais pas dans les lettres, choisit délibérément la médiocrité. A-t-elle définitivement choisi de renier son passé de grande station balnéaire et d’ignorer ce qu’elle lui doit.

S’il faut certes ouvrir une station balnéaire au plus grand nombre car il s’agit avant tout d’un loisir dont en démocratie tous doivent pouvoir profiter, celle-ci n’a rien à gagner à ne faire que du « populaire », avec des peoples se trompant de genre.

Elle doit aussi savoir se situer, lorsqu’elle a les références pour le faire, au plus haut niveau d’excellence ! Comme c’est le cas dans le domaine musical avec le « Festival des Nouveaux Talents » et les « Concerts du Hameau Fleuri d’origine privée » pour lesquels on imaginerait difficilement des interprètes issus d’ orchestres de variétés !
Villers s’est peut-être dans ce domaine souvenu qu’elle avait longtemps compté comme résident secondaire un illustre compositeur musical français
Charles Koechlin qui y est venu toute sa vie, puisqu’elle lui a même dédié une rue ?

La politique municipale de Villers aurait grand tort de tourner le dos au prestigieux passé de sa station balnéaire qui a donné la grande ville actuelle de Villers ! Bien au contraire, elle devrait mettre en exergue, comme les grandes stations voisines le font, ses résidents célèbres dont les oeuvres reconnues et couronnées ajoutent à la magie du lieu de Villers.

En continuant à ignorer ses propres enfants illustres et en préférant donner la vedette à des vedettes qui n’aspirent qu’à demeurer connues, elle ne fait que rabaisser continuellement l’image de sa station balnéaire au lieu de l’élever, quand justement beaucoup de gens demandent aujourd’hui une culture et un art authentique. A terme, quand les stations voisines réussiront à attirer une clientèle prestigieuse sur des événements de haut niveau, Villers ne sera plus qu’une station balnéaire de 3ème zone.

Un conte de George Sand aux Vaches-Noires en 1873

Les ailes de courage de Georges Sand est un roman (plutôt une « nouvelle » ou un « conte ») de George Sand publié en 1886 (posthume) dont le cadre se situe sur le littoral de la Côte Fleurie entre Cabourg/Dives, et Trouville, et Saint-Pierre-Azif (5 km à l’intérieur), dont le héros Clopinet trouve refuge dans la Falaise des Vaches Noires entre Houlgate et Villers-sur-Mer.

Chacun sait bien que Marcel Proust fut à partir de 1907 l’hôte du Grand hôtel de la Plage à Cabourg.
Mais 34 ans auparavant Georges Sand y descendait, en juillet 1873, avec ses petites filles, Aurore et Gabrielle. Peut-être parce qu’elle était passionnée de paléontologie et entretenait avec son fils une remarquable collection de fossiles ? C’était 3 ans avant son décès en 1876 à Nohant.

George Sand  La Dame de Nohant

Quelles que furent ses occupations sur la Côte Fleurie en ce mois de juillet 1873, elle y écrivit pour distraire ses petites-filles, Aurore et Gabrielle, un merveilleux conte, « Les Ailes de Courage ».

Synopsis :
Clopinet, jeune paysan légèrement boiteux et surtout très rêveur, n’est pas fait pour les travaux de la ferme qui rythment le quotidien de ses parents et de ses frères à Saint-Pierre-d’Azif. Livré en apprentissage à un tailleur rude et coléreux situé à Dives, il s’enfuit… Désormais seul, loin de la maison familiale, Clopinet s’arme de tout son courage pour partir à la découverte des richesses de l’univers qui l’entoure. En peu de temps, il devient l’ami et le plus grand connaisseur des oiseaux de la région dans la falaise des Vaches Noires à Villers-sur-mer…
(Téléchargeable sur le web)

 Une aventure  dans les Vaches Noires

Une très belle explication de texte d’une lectrice (prise sur le web) :

« Je cherchais des contes à lire, et j’ai trouvé celui-ci dans ma petite bibliothèque municipale. Il fait partie des contes d’une grand-mère, que George Sand a écrits pour ses deux petits-filles, Aurore et Gabrielle. 
L’histoire est longue, plus longue que pour un conte ordinaire, et surtout, il prend place dans un monde familier, la côte normande, près de Trouville. Les villages décrits, les métiers (tailleur, apothicaire, boulanger), les conditions de vie n’ont rien de merveilleux et c’est dans ce cadre réaliste que s’inscrit l’histoire de Clopinet. Les noms, comme celui des falaises (les Vaches-Noires), ou du seul rocher qui dépasse de la mer à marée basse (la Grosse-Vache) renforce l’impression de familiarité. 

La Falaise  des Vaches Noires

Comme souvent dans les contes, il est le petit dernier, le préféré. Comme souvent, il est un peu naïf, plus en tout cas que ses frères aînés, qui apprécient leur lopin de terre et leur métier de paysan. Lui préfère regarder le vol des oiseaux. Son rêve est de devenir marin, comme son oncle Laquille, marié et père de sept enfants. 
Cependant, vous sentez déjà sa faiblesse : Clopinet est surnommé ainsi parce qu’il boîte, et il ne semble pas (aux yeux des autres) avoir la force nécessaire pour devenir paysan ou marin. Surtout, il a sur lui les ailes de la peur, qui l’empêche d’avancer. Son oncle, un de ses adjuvants avec son frère François, a beau prédire que des ailes du courage lui pousseront un jour, sa famille le cède comme apprenti à un tailleur, pour trois ans. 
Nous basculons alors dans le merveilleux, car Clopinet prend son destin en main et s’enfuit, première poussée de ses ailes de courage. Menacé d’être repris à cause de sa tante, qui n’a rien à envier aux méchantes belles-mères, il s’enfuit à nouveau et découvre la mer, les oiseaux, les falaises. Ce sont de petites voix qui l’appellent et qu’il pense être les esprits de la mer qui le guident. Pendant ces six mois de vie au grand air, Clopinet s’organise, se contente de peu, surtout, il observe la nature, les oiseaux, les guignettes, les pluviers, les alouettes des mers, et surtout les rupeaux, si recherchés pour leurs plumes. Nous en découvrons ainsi beaucoup sur eux, sans pour autant que le récit s’en trouve apesanti. 
Comme dans tout conte, après ce parcours initiatique, il revient auprès de ses parents, riche, et métamorphosé. Ce retour est à la fois un échec et une réussite. Un échec, car ses parents ne souhaitent pas le laisser voyager, une réussite car Clopinet s’instruira, auprès d’un apothicaire, d’un aristocrate ornithologue, le baron de Platecôte et d’un curé naturaliste. Il trouve des explications rationnelles aux phénomènes naturels qu’il a observés, sans pour autant perdre ses rêves. Il lui faudra cependant une succession d’épreuves pour qu’il atteigne son objectif et que le merveilleux reprenne tous ses droits. « 

Lisez ce merveilleux conte, si bien écrit par un grand écrivain, et vous ne verrez plus jamais Villers-sur-Mer et ses environs de la même façon ! Comme quoi le regard de certains grands écrivains peut enrichir notre propre perception des lieux.

George Sand y tisse une histoire, un conte, se situant entre Cabourg, Trouville, et Saint-Pierre-Azif à l’intérieur du Pays d’Auge, dont le héros Clopinet se réfugie pendant de longs mois dans la mystérieuse falaise de Villers/Mer, pour y vaincre ses peurs, et y renaître tel un phénix.