Un pôle médical pour remédier à un désert de soins médicaux ?

En matière médicale ne confondons pas tout !

Dans le compte-rendu de la cérémonie des vœux 2017 du Maire de Villers publié dans le « Pays d’Auge daté du 11/01/2017 », on peut lire que le Maire souhaite faire face à la désertification médicale d’ici trois ans (2020) avec la création d’un pôle de santé médical et paramédical, d’une maison de retraite, et d’une résidence avec services.

Ne confondons pas tout et reprenons les choses une par une  :

–  Villers a une sorte de « résidence-service » à minima, créée il y a 30 ans, la « Vé Maine », un foyer-logement public modeste et vétuste, formule intermédiaire entre un domicile et un EHPAD, un hébergement collectif non médicalisé pour personnes âgées autonomes demandant essentiellement un cadre sécurisant et quelques aides occasionnelles.

–  Villers n’a pas de maison de retraite, et il faudrait qu’elle en ait une.

Il est donc nécessaire que la Commune engage une réflexion d’ensemble pour ses habitants âgés : maison de retraite et nouvelle résidence-services.

De quel pôle médical et paramédical le Maire veut-t-il parler ?

Avant de discuter de ce projet médical, je ferai au Maire, en préambule, le reproche d’annoncer de très grands plans communaux (maison de retraite, résidence-services, pôle médical), sans même prendre soin de les expliciter à ses concitoyens, qui devraient pourtant être ses interlocuteurs privilégiés. Et sans parler de leurs incidences sur les autres plans communaux prévus !

Alors de quoi le Maire de Villers veut-t-il parler évoquant un « pôle médical et paramédical » censé remédier au soi-disant désert médical de Villers ?

1°) Villers qui 
a déjà sa maison de santé, est tout sauf un désert médical

Mr le Maire, médecin, se permet d’énoncer une contre-vérité en parlant de désert médical à propos de Villers/Mer.

Le gouvernement vient certes d’annoncer vouloir créer 1000 maisons de santé pour des communes en situation de désert médical, c.a.d. ayant un fort déficit de praticiens, du fait d’isolement, de raisons conjoncturelles …

Par « maison de santé »  il faut simplement entendre un lieu de regroupement de professionnels de santé assurant des activités de soin sans hébergement et participant à des actions de prévention et d’éducation pour la santé ainsi qu’à des actions sociales ».

Villers  a depuis longtemps, avec son « cabinet médical », une très grande maison de santé- comptant aujourd’hui 5 généralistes, un cabinet de 3 dentistes, une ophtalmologue, deux kinésithérapeutes, 4 infirmières… -, que le Maire actuel a d’ailleurs contribué à fonder et étoffer.

Pour une commune de 2 800 âmes, elle se situe même bien au-dessus de la moyenne nationale.

2°) Villers a-t-elle la dimension pour avoir un grand « Pôle Médical » ?

De quel « pôle médical » le Maire veut-t-il parler ? Personne ne le sait !

Mais, s’il s’agit de créer un grand centre médical  à Villers (façon Deauville) avec un maximum de spécialités médicales (ophtalmo, rhumato, dermato, gynéco, orl, pédiatre, urologue, oncologue, gastro-entérologue, psychiatre, psychologue, … laboratoire d’analyses, centre de radiologie …),  pour plaire à des villersois « locaux », je me permettrai de dire à Mr le Maire que  s’agissant d’une commune de 2 800 habitants, son projet est une aberration qui s’inscrit de plus à l’opposé de la réalité médicale actuelle en France confrontée à une pénurie de praticiens spécialistes, à une demande toujours plus élevée de soins, à une explosion des coûts qu’il faut réduire, nécessitant un regroupement dans quelques rares pôles médicaux choisis.

Villers peut-t-il  prétendre devenir un de ces pôles ? J’en doute fort, Villers se lançant en retard à côté de riches stations bien plus avancées sur ce plan.

D’autre part, même si Villers-sur-mer est une commune riche grâce aux  nombreux résidents secondaires qui y paient leurs impôts locaux, ceux-ci n’y viennent pas pour des soins, ayant tout ce qu’il leur faut ailleurs ! Ils y viennent pour des vacances, balnéaires, culturelles, sportives… touristiques.

Il n’appartient donc pas au maire actuel de privilégier outrageusement, à destination de résidents « locaux », des domaines d’investissement ne contribuant pas directement au développement de sa station balnéaire.

La richesse économique et la survie d’une station touristique moyenne comme Villers dépendent d’abord de ses investissements dans son secteur .

Bien davantage, à coup sûr, que de la création d’un pôle médical !

Villers et le tennis

Villers-sur-mer a une longue histoire de 90 ans avec le tennis. Récemment d’ailleurs, le Club de Tennis de Villers (TCV) a fêté son 90ème anniversaire.

La création, d’origine privée, du Tennis Club de Villers (TCV) en 1927

Le TCV fut créé l’année de la retentissante victoire historique des « Mousquetaires » (Lacoste, Borotra, Cochet, Brugnon) en Coupe Davis face aux Etats-Unis, à partir d’une initiative privée menée par Mr Charles FOUGERES et d’autres propriétaires de résidences secondaires qui tous possédaient déjà leur propre terrain privé de tennis. Leurs objectifs étaient d’ouvrir la pratique du tennis à plus de joueurs et que les tournois de tennis se tiennent sur des terrains autres que leurs propres courts privés.

Ils créèrent, en son emplacement actuel, le TCV avec à l’origine 5 courts, qui connut un 1er âge d’or avant guerre avec de grands tournois, la venue de champions connus, et déjà un agrandissement à 9 terrains.

La destruction du Tennis Club de Villers (TCV) pendant la guerre

Villers, zone côtière, devint en 1939 zone quasi “interdite”. Il n’y avait plus d’activité au club et les créanciers réclamèrent le remboursement de leurs avances. Tout le monde était dispersé. La Commune, avec un Maire agriculteur ayant bien d’autres soucis, ne voulut pas s’embarrasser d’un club de tennis devenu inutile, qui fut mis en vente aux enchères, et c’est le principal créancier qui acheta terrains et installations.
Les terrains furent ensuite détruits pendant l’occupation servant de tranchées, de parking pour camions et automitrailleuses.

La reconstruction et l’expansion jusqu’à 20 courts en 1982

Après la guerre, les créanciers devenus propriétaires des terrains envisagèrent une construction immobilière. En 1948, Mr Jacques de BEAUCARON entreprit de reconstituer le club qu’il avait connu avant guerre. Ce ne fut pas chose facile et cette reconstruction ne fut possible que grâce à l’opiniâtreté des dirigeants du TCV, qui ont toujours trouvé une réelle écoute auprès de la Commune de Villers.

Le Club connut alors après guerre un 2ème âge d’or. Ses tournois open reprirent de plus belle avec la participation de grands joueurs français de 1ère série : Proisy, Beust, Jalabert, Leclercq, Bouteleux, Courcol, Boutboul, Boutard … et étrangers : Mac Millan, Belkhodja, Dron…

Le tennis devenant progressivement un sport majeur en France, 1er sport individuel, et 2ème sport après le football en termes de licenciés (> 1 000 000), il s’en suivit une demande majeure sur ce sport qui explique l’expansion du TCV jusqu’à 20 courts en 1982 ! En 1983, Yannick NOAH gagnait Roland-Garros !

Le désengagement des derniers investisseurs privés du TCV
et l’engagement municipal

Mais le tennis s’est dans le même temps professionnalisé, nécessitant des investissements toujours croissants en infrastructures et des budgets de fonctionnement importants avec des coûts qui n’existaient pas avant.

Peut-être est-ce une des raisons, s’ajoutant à la raison bien compréhensible de leur âge vieillissant, du choix que firent au tournant des années 2000 les derniers investisseurs privés, encore propriétaires des derniers terrains n’appartenant pas en propre à la Commune, de mettre ces terrains en vente ?

La Municipalité, forte de sa longue histoire de coeur avec le tennis, a alors fait le choix de racheter ces terrains en vente, qui sinon auraient été destinés à la construction immobilière, et de prendre la relève du TCV en assumant seule l’existence du complexe tennistique originel de Villers, intégralement conservé.

Le nouveau portail, réplique de celui d’origine

S’ensuivirent alors la rénovation récente des installations -terrains, grillages et parc- qui en avaient bien besoin, les installations du club datant des années 1950/1980, et leur modernisation avec la création d’une magnifique salle couverte de 2 courts souhaitée par le TCV depuis bien longtemps (qui fait que désormais le tennis est un sport pratiqué à l’année à Villers), d’un chemin de lumière (solaire) pour l’accès la nuit à la salle, d’une terrasse en bois, d’un beau portail réplique de celui d’origine.

La salle couverte

Aujourd’hui la rénovation et la modernisation des installations du club est presque achevée, sauf pour le remplacement du Club House reconstruit à  la hâte dans l’immédiat après-guerre !

Quel futur maintenant pour ce complexe tennistique municipal ?

Né à l’origine d’une initiative privée, porté et très longtemps géré en propre par l’Association sportive (loi de 1901) originelle du TCV, ce très grand club de tennis est désormais à 100% propriété de la Commune de Villers, qui décide donc désormais seule de son mode d’exploitation.

C’est donc maintenant uniquement à la Municipalité, devenue seule propriétaire, d’expliquer aux membres du club et aux électeurs villersois la façon dont elle entend gérer le complexe tennistique de Villers, comptes à l’appui, et quels sont ses projets dans ce domaine pour l’avenir.

C’est le lot d’une municipalité qui a hérité d’un riche passé d’une très grande station balnéaire avec de nombreux « dinosaures », difficiles à entretenir et à exploiter à l’équilibre, d’expliquer comment elle compte s’y prendre :

– Les véritables dinosaures, ceux qui pourtant n’existent plus depuis 65 millions d’années, réduits à l’état de fossiles ou de vestiges, ont trouvé leur utilité et leur économie avec le Musée National du Paléospace.
On peut même dire qu’ils « tirent » la Commune vers l’avant.

– Le « dinosaure » du Tennis (un club surdimensionné avec 20 courts pour 2800 habitants, soit 5 fois plus que le ratio normal pour une commune de cette dimension) devra soit trouver un moyen d’exister avec des comptes équilibrés – ce qui n’est pas le cas aujourd’hui -, soit disparaître comme ont disparu les dinosaures qui ne trouvaient plus à manger.

– Le « dinosaure » de l’Eglise devra, lui aussi, soit trouver des millions d’euros pour sa survie, soit disparaître faute de moyens pour la restaurer.

C’est la responsabilité d’une municipalité de grande station balnéaire comme Villers de faire des choix entre assumer à l’identique de très lourds héritages légués par les fondateurs de sa station en assurant leur maintien, ou réduire la voilure et proposer des activités nouvelles !

A propos du Château de Villers

Il y a bien un château seigneurial à Villers/Mer!

Le château de Villers-sur-Mer n’est pas, comme je l’ai longtemps cru, le « château de San Carlo » situé à Villers intra-muros dans le parc municipal du même nom.
Quoiqu’il faille reconnaître que cette demeure mérite bien l’appellation de château, extérieurement et intérieurement !

Mais ce n’était que la résidence de villégiature d’un grand banquier parisien, Mr DEMACHY  construite en 1880! Et elle est aujourd’hui, comme nombre de ces très grandes villas, divisée en appartements.

Mais il y a bien un Château, route du Château à Villers-sur-mer, sur les hauteurs à 2 km de la mer, celui des  seigneurs ancestraux de Villers,
dont Mr Raoul Paris d’Illins (1802-1874) descendait, qui fut maire de Villers-sur-mer à l’époque de la création de la station balnéaire, y réalisant de nombreux équipements : une promenade de planches de 300 mètres le long de la mer, une usine à gaz pour l’éclairage en 1860, la création d’une voie carrossable Villers-Trouville-Honfleur, l’ouverture d’un bureau des postes et télégraphes en 1865).

Il est inscrit aux Monuments Historiques depuis 2003 !

Voici sa fiche descriptive officielle aux Monuments Historiques :

Monuments historiques
édifice / site Château de Villers
localisation Basse-Normandie ; Calvados ; Villers-sur-Mer
lieu-dit le Château
dénomination château
éléments protégés MH bibliothèque ; jardin potager ; élévation
époque de construction 17e siècle
historique Construction de brique et pierre qui conserve la silhouette qui était la sienne au 18e siècle. L’intérieur conserve un décor Louis XVI. Vers 1770-1780, restructuration architecturale avec une nouvelle distribution des pièces.
décor menuiserie
propriété propriété d’une société privée
protection MH 2003/08/28 : inscrit MH
Les façades et les toitures du château, ainsi que les boiseries de la bibliothèque, et le jardin potager (cad. B 278) : inscription par arrêté du 28 août 2003

De ce château, qui ne semble connu que des seuls Monuments Historiques, on trouve difficilement trace sur internet, et les villersois eux-mêmes ignorent jusqu’à son existence, car on ne le voit pas et on ne le visite pas !

Ce château « historique » est aujourd’hui une résidence privée, siège de la « Société Civile Immobilière du Château de Villers », spécialisée dans le secteur d’activité de la location de terrains et d’autres biens immobiliers.

A défaut de pouvoir le visiter, le site internet de l’Office de Tourisme nous incite à visiter le Château de Vendeuvre, près de St-Pierre/Dives à 50 km.

 Merci aux Marquis de Vendeuvre pour la visite de leur château du 18ème siècle!

A défaut donc de pouvoir visiter le Château de Villers, je suis allé il y a peu avec des amis visiter le Château de Vendeuvre  construit par le Marquis de Vendeuvre en 1752 comme  » sa maison de vacances ! » , dont la visite procure un immense plaisir tant ce château d’un beau classicisme


comparable à celui de Cheverny (le château de Moulinsart de Tintin), resté depuis sa création dans la même famille qui l’a sauvé de la ruine après de grandes dégradations subies lors de la 2ème guerre mondiale, est l’objet d’attention et de soins !

Il est classé Monument Historique. Je n’ai pas croisé Mr de Vendeuvre, mais si tel avait été le cas, je l’aurais remercié d’avoir restauré son château et de me permettre de le visiter.

A quand la visite du Château de Villers, monument historique du 17ème ?

Vendeuvre mérite mille fois la visite ! Si beau, si riche !
Mais ne pourrait-on envisager demain une visite du Château de Villers ?

Toutes les stations balnéaires n’ont pas la chance d’avoir un tel château du 17ème siècle inscrit aux Monuments Historiques. Quand l’époque est à une forte demande culturelle, l’O.T. de Villers pourrait ainsi recommander aux amateurs la visite du château de Villers avant de les diriger vers Vendeuvre

Rappelons l’importance pour une commune comme Villers/Mer, qui ne s’est développée et ne vit que grâce à sa station balnéaire et plus récemment de la mise en valeur de l’ensemble de son patrimoine- qu’il soit géologique (falaise/paléontologie, marais/environnement…), bâti ou culturel (église & villas/architecture balnéaire, arrière-pays/pays d’auge…)-, de promouvoir une image de station touristique balnéaire et culturelle.

Sa qualité intrinsèque et son intérêt historique ont été reconnus  par son inscription aux Monuments Historiques en 2003. Mais l’inscription d’un château aux Monuments Historiques ne signifie en rien qu’il soit en bon état, et surtout pas que l’Etat français va le restaurer! Il y a plus de 30 000 châteaux en France dont bon nombre sont à l’abandon !

A moins que ses propriétaires l’entretiennent en grande partie sur leurs deniers, (seulement ~ 30% des travaux  bénéficiant d’une subvention de l’Etat comme  monument historique), il fait sans doute partie de ces nombreuses ruines inscrites aux Monuments Historiques .

Nombre de châteaux sont des résidences privées et habitées par leurs propriétaires comme les 2 châteaux cités ci-dessus (Vendeuvre et Cheverny) lesquels justement entretiennent leur château en y aménageant des visites payantes, des réceptions …

Pour quelles raisons les propriétaires actuels ne suivent-t-ils pas une telle démarche qui a lieu un peu partout, qui leur permettrait de restaurer et de maintenir leur château ?
A défaut, qu’en est-t-il de l’état actuel du Château de Villers ?
D’après ce que j’ai pu en savoir, il est dans un triste état, et les sommes nécessaires pour commencer à le rénover sont bien au-delà des capacités financières des propriétaires.

Va-t-on le laisser devenir une ruine ?

Parce qu’il est le fief ancestral des seigneurs de Villers, le Château fait partie du patrimoine culturel de la Commune de Villers. Il serait fort regrettable que la Commune ne tente pas d’intervenir auprès de ses propriétaires pour la préservation et la restauration de ce château seigneurial.

La restauration de l’Eglise de Villers

Les voeux du maire pour l’église en 2013

Nous étions présents aux vœux 2013 du Maire G. VAUCLIN (dont le mandat s’est achevé en 2014). Ceux-ci sont consultables dans la Lettre de Villers N°122.
Après avoir évoqué 2 grands dossiers pour l’année 2013 (Léglise d’abord, la voirie et l’enfouissement des réseaux ), Mr VAUCLIN y annonçait :

« l’église, classée monument historique, verra bientôt commencer ses travaux de rénovation. Nous avons retenu notre assistant maître d’ouvrage. Il a pour mission de préparer le dossier technique de phasage des travaux, ils dureront plusieurs années. Il devra également préparer le dossier de consultation des entreprises, pour la réalisation des travaux. Ceux-ci seront conditionnés
par le déblocage des subventions qu’il nous sera possible d’obtenir. »

Il y annonçait ensuite la création future de 2 fondations pour la Commune ,
« dont l’objet social sera la recherche de financements destinés à la valorisation de notre patrimoine : la fondation des amis du Paléospace et la fondation des amis de l’église. Toutes les bonnes volontés seront les bienvenues et je vous invite à vous faire connaître et à me rejoindre».

Les voeux du maire pour l’église en 2017

Les voeux 2017 du  Maire J.P. DURAND, en exercice depuis  3 ans :

« Bien évidemment le vaste chantier de la restauration de l’église est toujours en cours. Le cabinet d’architecte qui sera en charge de cette rénovation
est enfin nommé. Nous avons maintenant une estimation plus précise des travaux, ceux-ci s’élèveront à 5.5 millions d’euros. Nous pourrons compter
sur des subventions d’état mais guère au delà de 30% et nous espérons que l’association de sauvegarde du patrimoine de Villers, accréditée par la
Fondation du Patrimoine, qui a été crée dans l’optique de cette restauration parviendra à récolter des sommes substantielles afin de soulager le budget
communal ».

Il faut y lire en clair que le chantier de l’église a été délaissé depuis 2013, mais qu’il serait à nouveau en cours avec un coût passant de 4 M€ à 5,5 M€, et un cabinet d’architecte « enfin nommé »… sous réserve du  concours de l’Association de sauvegarde du patrimoine de Villers.

Ayant été moi-même il y a peu Fondateur et Président de l’Association de sauvegarde d’une église inscrite aussi aux Monuments Historiques très proche de Villers, je me permets de dire que cette annonce du Maire est juste une « non-annonce », car n’importe qui, un tant soit peu au fait de ces questions, et moi même assurément, aurait pu la faire il y a 4 ans :  l’équation de la restauration d’un monument historique, c’est 30% de subvention de l’Etat sur les travaux, le reste à trouver au moyen de la Commune, de l’association de sauvegarde travaillant de concert avec la Fondation du Patrimoine, de mécènes à trouver, et de toute autre source dont en particulier les habitants de la Commune …

Le Maire de Villers dans ses propos ci-dessus extraits de ses voeux 2017, ne s’engage à rien (0% de contribution communale annoncée), et bien au contraire conditionne la restauration de l’église de Villers au fait que la malheureuse Association de sauvegarde lui apporte 70% des 5,5 M€, soit 3,85 Millions d’€, sans même jamais exprimer ouvertement son souhait de restaurer cette église, et ce faisant sans solliciter les habitants de Villers !

5 ans après l’annonce enthousiaste de Mr VAUCLIN lors de ses voeux 2013  « L’église verra bientôt commencer ses travaux de rénovation… »,  force est de constater les propos lénifiants du maire qui ne peuvent tromper personne !

Ceci, alors même que l’Eglise a eu récemment la chance inouïe d’être   classée  Monument Historique  grâce à ses vitraux et à un tableau, le plus haut niveau possible, la consacrant comme un monument d’intérêt national, lui assurant les subventions publiques maximales, et donc pour la commune un coût de rénovation moindre.

La Municipalité devrait être tenue d’informer les habitants de Villers :

– des travaux nécessaires, du détail du devis estimé à plus de 5,5 millions d’euros.  Y a-t-il des options médianes possibles … ?

– la Fondation des amis de l’église existe-t-elle et que fait-t-elle ?

L’église d’une Commune est souvent l’un de ses monuments le plus emblématique. Aussi, lorsqu’une Commune est assez chanceuse pour que son église soit distinguée de la rare qualité de Monument Historique, qui lui confère un intérêt national, il est incompréhensible qu’elle ne tienne pas mieux informés ses habitants de tout ce qui la concerne, et en particulier des travaux à réaliser pour sa rénovation ! De plus ceux-ci, une fois annoncés, ne devraient pas attendre aussi longtemps !

L’église actuelle de Villers constitue de plus un symbole fort de sa station balnéaire, car elle n’a été construite, malheureusement en lieu et place de la précédente église communale ancestrale du 11ème siècle (disparue), que pour répondre au surgissement en seulement 3 décennies de centaines de villas dont Villers s’enorgueillit à juste titre aujourd’hui (10 à 15 villas en 1851, 243 en 1881 avec une population de 1469 habitants !).

En 1872 la Municipalité de Villers décidait ainsi de remplacer l’église du village devenue trop petite par une église à la (dé)mesure de toutes ces magnifiques nouvelles villas. Il ne vous aura pas échappé que cette église est, pour une commune comme Villers, monumentale ! Aussi fallut-t-il 26 ans (1872/1898) pour voir cette église achevée !

Mais c’était à l’époque le prix à payer pour être une grande station balnéaire ! La question posée aujourd’hui est : « Villers-sur-Mer veut-t-elle toujours être une grande station balnéaire ? »
Si oui, elle doit trouver les moyens de restaurer son église au plus vite !

Question sur la « Lettre de Villers »

Téléchargeant la Lettre de Villers de juillet 2017 (n°140), nous nous sommes fait la remarque que la Lettre d’avril 2006 (n°95) que nous venions juste de télécharger auparavant en cherchant des photos du 150ème anniversaire de Villers, «pesait» seulement 4,33 Mo quand celle d’aujourd’hui pèse 24,8 Mo ! Aussi notre surprise fut grande d’y lire l’éditorial de Mr le Maire de Villers avec ces propos :

L’adage « Il se passe toujours quelque chose à Villers » est bien réel tant cette lettre est fournie. Il est certain que nous ne pourrons pas continuer à augmenter le volume de la Lettre de Villers et qu’il nous faudra à l’avenir faire des choix qui se révèleront bien difficiles. Pour l’instant ce n’est pas encore le cas

Nous sommes ravis, Mr le Maire, que vous réalisiez en cet été 2017 que l’inflation galopante de cette Lettre de Villers dont le volume a été multiplié par 6 en 10 ans pose problème. Outre qu’elle pèse certainement en conception et en édition sur les finances de la Commune, assez restreintes en ce moment, son gonflement sans fin pose la question de sa finalité :

– une Gazette qui parle de tout ce qui se passe dans les moindres détails, auquel cas il n’y aura jamais de limite au volume de cette lettre,

– ou une Lettre qui parle prioritairement et plus sérieusement des questions qui concernent l’administration et l’avenir de la Commune de Villers/Mer ?

Mais pourquoi alors n’est-t-il pas révélée aux lecteurs dans cet éditorial la raison de cette diète de la « Lettre de Villers » ? Pourquoi la mention sibylline qui suit cette annonce « ce n’est pas encore le cas »… qui nous donne à penser que cette Lettre de Villers va encore perdurer, peut-être même encore grossir. Et quand sera-t-il  donc le moment de cette diète ?

Autant d’interrogations sur lesquelles l’éditorial de cette Lettre est muet!

Quel avenir pour Villers ?

Villers/Mer, est née à l’égal de ses prestigieuses voisines
  • Trouville/Mer, ancestral port de pêche, commença vers 1825 à devenir une station balnéaire fréquentée. Puis naquirent un peu plus tard, en moins d’une décennie, d’autres stations balnéaires, Cabourg (1853), Houlgate (1854), Villers/Mer (1856), Deauville (1859).
    En 150 ans toutes ces communes, disposant au départ de peu de ressources et ne comptant que quelques centaines d’habitants, sont devenues aujourd’hui des villes grâce à leur station balnéaire :

– 3 de ces stations se sont hissées à un niveau de notoriété nationale, voire mondiale (Cabourg, Trouville, Deauville) qui comptent chacune autour de 4000 habitants (et davantage avec leurs communes limitrophes)

– 2 stations (Blonville, Houlgate) se situent à une dimension moindre entre 1500 et 2000 habitants, avec d’autres encore plus petites, Bénerville, Tourgéville … !

Villers/Mer, située sur la carte à mi-distance de Cabourg et de Trouville/Deauville (seulement 8 km!), se positionne en importance, avec 2800 habitants, comme une station intermédiaire entre les 2 catégories précédentes.

  • La notoriété des 3 grandes stations balnéaires citées ci-dessus n’est pas le fruit du hasard mais celui d’une volonté et d’un travail poursuivis depuis longtemps par leurs municipalités successives :

– Deauville, créé ex-nihilo dès ses débuts en 1859 par le Duc de Morny beau-frère de Napoléon III pour devenir une grande station de l’élégance, a bien suivi sa feuille de route et est devenue à ce titre une station mondiale.
Son maire actuel est Philippe Augier, homme politique né à Paris.

– Trouville, la 1ère des stations balnéaires locales fut « découverte » en 1825 par le peintre local Charles MOZIN, et à sa suite par d’autres peintres illustres, HUET, ISABEY, COROT, BOUDIN, MONET… Elle bénéficia comme Deauville de l’arrivée du train en 1863.
A l’inverse de Deauville qui a été conçue à partir de rien, Trouville est, comme Honfleur, un port (mais de pêche exclusivement) qui regorge de références artistiques et littéraires, entre de nombreux grands peintres, et des figures littéraires comme FLAUBERT qui y a sa statue comme « local » car il possédait la ferme du Côteau à Deauville où a été construite vers 1900 la Villa Strassburger, et beaucoup plus récemment l’écrivain Marguerite DURAS, prix Goncourt, qui y est venue  régulièrement pendant très longtemps dans son appartement des « Roches Noires », dont les «journées Duras» attirent chaque année à l’automne des trains entiers de fanatiques.
Trouville a depuis 1983 le même maire, Christian Cardon, originaire de Lille, magistrat à la Cour des Comptes de Paris, qui ne vient à Trouville que les weeks-ends. Il est particulièrement attaché à son développement artistique et culturel.

– Cabourg, en panne de notoriété s’est relancée dans les années 70 avec Bruno Coquatrix, patron de l’Olympia, puis a capitalisé sur l’image de Marcel PROUST avec le maire Jean-Paul Henriet, et repart sur les spectacles avec Tristan Duval maire issu du milieu du spectacle né à Neuilly/Seine en faisant venir de nombreux artistes.

  • Car le renom d’une station balnéaire, quand bien même prestigieuse, doit sans cesse être maintenu vis-à-vis de la concurrence. Pour rester dans l’élite, les stations balnéaires ne cessent de rivaliser, organisant :

 – de très nombreux festivals artistiques et culturels, concernant le cinéma (sur des thèmes spécifiques: américain, romantique, culte, off-courts…), la musique, la littérature … recherchant la présence de vedettes et d’intervenants connus

– de nombreuses  activitésanimations et évènements sportifs : thalassothérapie, cures marines, piscine, équitation, voile, tennis, golf, patinoire, roue de foire…, jumping, polo, courses de chevaux, rallyes automobiles, triathlon …

– un grand travail de prospection/promotion pour leur station en France et à l’étranger

Villers-sur-Mer  a un passé différent dont elle peut être fière

  • Derrière ces 3 grandes stations nationales, Villers s’est dans le passé voulue davantage une station familiale avec des résidents secondaires fidèles, à l’écart du vedettariat, du star-système et des modes passagères.

A partir des années 70, la station de Villers a même élu pendant 24 ans, de 1971 à 1995, succédant à des maires parisiens,  des maires locaux, Mr SALESSE instituteur, Mr PERDRISOT patron artisan, qui ont orienté Villers vers une politique pro-locale et sociale en faveur des habitants «locaux», appelés parfois « principaux », au détriment des résidents secondaires qui font pourtant depuis longtemps vivre la station.

  • A partir de 1995, un nouveau Maire, Mr G.VAUCLIN un authentique enfant de Villersa pendant 19 ans choisi résolument d’oeuvrer pour moderniser la station de Villers et la rapprocher du niveau des grandes stations balnéaires voisines, valorisant avec une grande réussite le patrimoine naturel de Villers/Mer : sa plage magnifique, sa falaise -berceau de la paléontologie en Europe au 18ème siècle-, son passé de grande station balnéaire comptant plusieurs centaines de somptueuses villas.

En témoignent les très nombreuses innovations spectaculaires de la Commune pendant ses 3 mandats successifs, comme la stabilisation de la plage, le Musée National Scientifique du Paléospace, le Villare pour favoriser le développement associatif, l’aménagement du Marais avec un grand lac et un superbe parc sur le thème du respect de la nature, l’embellissement de la ville, une politique environnementale…

  • Merci à Mr VAUCLIN remarquablement ancré dans son Villers d’origine, et dans l’époque actuelle, d’avoir 20 ans durant été le promoteur de Villers et d’avoir contribué à rétablir une très grande station balnéaire. Villers est redevenue aujourd’hui une station respectée, partenaire de 1er plan de ses voisines de la Communauté de Communes Cœur Côte Fleurie (CCCCF qui va de Villers à Trouville).

L’image de Villers se trouve désormais durablement associée aux Dinosaures, avec un magnifique musée scientifique, « Le Paléospace », concernant la paléontologie qui est une spécificité qui lui appartient en propre, avec la falaise des Vaches Noires, qui n’aurait pu être celle de ses 3 voisines, édifié dans un « parc naturel du marais de Villers », préalablement aménagé pour devenir une zone de respect et d’observation de la nature, sur lesquels s’est greffée récemment peut-être à cause d’une autre spécificité de Villers, le passage du méridien de Greenwich de longitude 0 sur la digue de Villers-sur-mer, l’étude et l’observation de la voûte céleste avec un planétarium.

Mais Villers ne peut toutefois limiter son image à ces seuls aspects scientifiques, ceux de la paléontologie, ou des méridiens référant au positionnement scientifique d’un lieu sur notre « Terre ».

Elle doit comme ses voisines ratisser plus large et plus fort, et développer des animations dans d’autres directions, comme cela a commencé timidement à se faire à Villers avec des activités concernant de petits cercles de passionnés : le Scrabble, le salon du Modélisme, les Playmobils… qui animent utilement la station, mais qui ne sauraient faire d’elle une grande station !
Il faudrait pour l’image de Villers d’autres thèmes majeurs d’intérêt plus général, à l’égal des dinosaures ou de l’observation céleste.

Quel avenir pour Villers-sur-Mer ?

Villers connaît aujourd’hui des changements importants : nouveau maire, nouvelle configuration et nouveaux fonctionnement territoriaux.

Mr VAUCLIN ayant pris sa retraite en 2014, une nouvelle équipe municipale a succédé à la sienne en mars 2014, menée par Mr J.P. DURAND, 1er adjoint depuis 19 ans, élu municipal depuis plus longtemps encore, actuellement dans son 5ème mandat au Conseil Municipal.

Parallèlement l’Etat français a promulgué en août 2015 une réforme fondamentale de l’organisation du Territoire à travers la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) avec une date imposée de prise d’effet fixée au 1er janvier 2017. Nous y sommes donc depuis plus de 7 mois !

Celle-ci oblige les communes à se regrouper dans des Communautés de Communes plus vastes (> 15 000 habitants) et les engage, sans en faire une obligation, à mutualiser nombre de services et fonctions au niveau de la Communauté elle-même (Office de Tourisme, Animations, Sports, Gestion des ordures …). Les services de la CCCCF dont Villers dépend sont basés à Deauville, et Villers/Mer a choisi de jouer entièrement le jeu de la mutualisation, quand Trouville/Mer a, elle, choisi le contraire, gardant son propre office de tourisme …

Il est clair qu’après la période de 19 ans contigus où Mr VAUCLIN a été le Maire de Villers/Mer la repositionnant comme une grande station balnéaire et touristique, une nouvelle page a été ouverte il y a 3 ans avec un nouveau maire et, depuis 2017, un nouveau cadre d’action pour Villers/Mer dépendant désormais de Deauville.

Il nous paraît indispensable que Mr le Maire daigne expliquer pleinement aux électeurs ses choix, quelles en sont les conséquences, à court, moyen et long terme pour Villers, et quelle politique il compterait suivre à l’avenir suite à ces choix majeurs.

Faut-t-il rappeler aux habitants de Villers, que Villers, un simple hameau de paysans devenu une ville de 2800 habitants est une pure station balnéaire (n’ayant que sa station balnéaire pour vivre), et ne peut se permettre de faire abstraction de ce que font les stations balnéaires rivales voisines ? Quel positionnement Villers choisira-t-il pour l’avenir, soit celui de suivre ce que font ses voisines (comme elle le fait aujourd’hui mais trop timidement et à retardement), soit de créer une autre voie, une autre façon d’exister comme station balnéaire un peu avec des initiatives comme le Paléospace !

En même temps, dans une période très difficile financièrement pour les communes, Villers-sur-mer a-t-elle pris la mesure de sa nouvelle dimension et de la nécessité d’une administration à la mesure de ce qui n’est plus un village mais une ville ?