Villers et le tennis

Villers-sur-mer a une longue histoire de 90 ans avec le tennis. Récemment d’ailleurs, le Club de Tennis de Villers (TCV) a fêté son 90ème anniversaire.

La création, d’origine privée, du Tennis Club de Villers (TCV) en 1927

Le TCV fut créé l’année de la retentissante victoire historique des « Mousquetaires » (Lacoste, Borotra, Cochet, Brugnon) en Coupe Davis face aux Etats-Unis, à partir d’une initiative privée menée par Mr Charles FOUGERES et d’autres propriétaires de résidences secondaires qui tous possédaient déjà leur propre terrain privé de tennis. Leurs objectifs étaient d’ouvrir la pratique du tennis à plus de joueurs et que les tournois de tennis se tiennent sur des terrains autres que leurs propres courts privés.

Ils créèrent, en son emplacement actuel, le TCV avec à l’origine 5 courts, qui connut un 1er âge d’or avant guerre avec de grands tournois, la venue de champions connus, et déjà un agrandissement à 9 terrains.

La destruction du Tennis Club de Villers (TCV) pendant la guerre

Villers, zone côtière, devint en 1939 zone quasi “interdite”. Il n’y avait plus d’activité au club et les créanciers réclamèrent le remboursement de leurs avances. Tout le monde était dispersé. La Commune, avec un Maire agriculteur ayant bien d’autres soucis, ne voulut pas s’embarrasser d’un club de tennis devenu inutile, qui fut mis en vente aux enchères, et c’est le principal créancier qui acheta terrains et installations.
Les terrains furent ensuite détruits pendant l’occupation servant de tranchées, de parking pour camions et automitrailleuses.

La reconstruction et l’expansion jusqu’à 20 courts en 1982

Après la guerre, les créanciers devenus propriétaires des terrains envisagèrent une construction immobilière. En 1948, Mr Jacques de BEAUCARON entreprit de reconstituer le club qu’il avait connu avant guerre. Ce ne fut pas chose facile et cette reconstruction ne fut possible que grâce à l’opiniâtreté des dirigeants du TCV, qui ont toujours trouvé une réelle écoute auprès de la Commune de Villers.

Le Club connut alors après guerre un 2ème âge d’or. Ses tournois open reprirent de plus belle avec la participation de grands joueurs français de 1ère série : Proisy, Beust, Jalabert, Leclercq, Bouteleux, Courcol, Boutboul, Boutard … et étrangers : Mac Millan, Belkhodja, Dron…

Le tennis devenant progressivement un sport majeur en France, 1er sport individuel, et 2ème sport après le football en termes de licenciés (> 1 000 000), il s’en suivit une demande majeure sur ce sport qui explique l’expansion du TCV jusqu’à 20 courts en 1982 ! En 1983, Yannick NOAH gagnait Roland-Garros !

Le désengagement des derniers investisseurs privés du TCV
et l’engagement municipal

Mais le tennis s’est dans le même temps professionnalisé, nécessitant des investissements toujours croissants en infrastructures et des budgets de fonctionnement importants avec des coûts qui n’existaient pas avant.

Peut-être est-ce une des raisons, s’ajoutant à la raison bien compréhensible de leur âge vieillissant, du choix que firent au tournant des années 2000 les derniers investisseurs privés, encore propriétaires des derniers terrains n’appartenant pas en propre à la Commune, de mettre ces terrains en vente ?

La Municipalité, forte de sa longue histoire de coeur avec le tennis, a alors fait le choix de racheter ces terrains en vente, qui sinon auraient été destinés à la construction immobilière, et de prendre la relève du TCV en assumant seule l’existence du complexe tennistique originel de Villers, intégralement conservé.

Le nouveau portail, réplique de celui d’origine

S’ensuivirent alors la rénovation récente des installations -terrains, grillages et parc- qui en avaient bien besoin, les installations du club datant des années 1950/1980, et leur modernisation avec la création d’une magnifique salle couverte de 2 courts souhaitée par le TCV depuis bien longtemps (qui fait que désormais le tennis est un sport pratiqué à l’année à Villers), d’un chemin de lumière (solaire) pour l’accès la nuit à la salle, d’une terrasse en bois, d’un beau portail réplique de celui d’origine.

La salle couverte

Aujourd’hui la rénovation et la modernisation des installations du club est presque achevée, sauf pour le remplacement du Club House reconstruit à  la hâte dans l’immédiat après-guerre !

Quel futur maintenant pour ce complexe tennistique municipal ?

Né à l’origine d’une initiative privée, porté et très longtemps géré en propre par l’Association sportive (loi de 1901) originelle du TCV, ce très grand club de tennis est désormais à 100% propriété de la Commune de Villers, qui décide donc désormais seule de son mode d’exploitation.

C’est donc maintenant uniquement à la Municipalité, devenue seule propriétaire, d’expliquer aux membres du club et aux électeurs villersois la façon dont elle entend gérer le complexe tennistique de Villers, comptes à l’appui, et quels sont ses projets dans ce domaine pour l’avenir.

C’est le lot d’une municipalité qui a hérité d’un riche passé d’une très grande station balnéaire avec de nombreux « dinosaures », difficiles à entretenir et à exploiter à l’équilibre, d’expliquer comment elle compte s’y prendre :

– Les véritables dinosaures, ceux qui pourtant n’existent plus depuis 65 millions d’années, réduits à l’état de fossiles ou de vestiges, ont trouvé leur utilité et leur économie avec le Musée National du Paléospace.
On peut même dire qu’ils « tirent » la Commune vers l’avant.

– Le « dinosaure » du Tennis (un club surdimensionné avec 20 courts pour 2800 habitants, soit 5 fois plus que le ratio normal pour une commune de cette dimension) devra soit trouver un moyen d’exister avec des comptes équilibrés – ce qui n’est pas le cas aujourd’hui -, soit disparaître comme ont disparu les dinosaures qui ne trouvaient plus à manger.

– Le « dinosaure » de l’Eglise devra, lui aussi, soit trouver des millions d’euros pour sa survie, soit disparaître faute de moyens pour la restaurer.

C’est la responsabilité d’une municipalité de grande station balnéaire comme Villers de faire des choix entre assumer à l’identique de très lourds héritages légués par les fondateurs de sa station en assurant leur maintien, ou réduire la voilure et proposer des activités nouvelles !