Marthe CHENAL

Marthe Chenal, cantatrice  du début du 20ème siècle,  posséda la villa « Le Cloître » à Villers/Mer située dans la rue qui porte son nom.

Melle CHENAL fut une cantatrice vedette qui connut la consécration dans les années 1900. Née à Saint-Maurice en 1881, fille d’un facteur de la banlieue parisienne, serveuse dans un café  à l’exposition de 1900, elle fut remarquée par Camille Erlanger, directeur de l’Opéra et compositeur, qui lui fit donner des leçons de diction, de chant et de maintien.

Description de l'image Marthe Chenal circa 1920.gif.

Elle entre au Conservatoire de Paris en 1901 où ses professeurs lui conseillèrent de ne pas continuer dans une carrière musicale, certains lui suggérant même de poursuivre une carrière au Moulin Rouge.
Dans la foulée, Marthe Chenal continue des études sur l’opéra avec Martini,  et lors de sa dernière année d’étude en 1905, remporte le le 1er Prix de Chant et le 1er Prix d’Opéra.

Marthe Chenal fait ses débuts à l’opéra en 1905 au Palais Garnier dans le rôle de Brunehild dans Sigurd d’Ernest Reyer. Elle continue à chanter dans cet opéra les trois années suivantes dans des rôles tels qu’Elizabeth dans Tannhaüser de Richard Wagner,  Marguerite dans Faust de Charles Gounod, Donna Anna dans Don Giovanni  de Mozart, et le rôle-titre dans Ariane de Massenet.

Devenue célèbre, elle découvre Villers en 1912. Son protecteur de l’époque lui offre la villa « Le Cloître » où elle entreprend des travaux et un aménagement intérieur en faisant une demeure luxueuse.

En 1916, Marthe Chenal se distingue en allant chanter la Marseillaise dans les tranchées de Verdun enroulée d’un drapeau tricolore, puis à nouveau le 11 novembre 1918 en entonnant la Marseillaise  sur les marches de l’Opéra pour célébrer l’armistice, ce qui suscita un véritable délire.

A Villers elle fait sensation ne se déplaçant que dans son Hispano.
Très sportive, elle se baigne par tous les temps, elle monte à cheval, et se fait construire un tennis qui attire la jeunesse chez elle.

Ce qui ne l’empêche pas de se produire à la kermesse de la Comtesse de Béarn à San Carlo au profit des écoles de Villers, et de chanter dans l’église de Villers devant l’évêque de Bayeux.

En 1941 les soldats allemands incendient « Le Cloître » qui symbolisait la réussite et le goût de Marthe Chenal.

Marthe Chenal mourut à Paris en 1947, âgée de 66 ans.

Charles KOECHLIN compositeur de musique classique

Charles Koechlin (1867-1950) est alsacien et neveu du philosophe Charles Dollfus. Il a sa rue à Villers-sur-mer sur les hauts de Villers pour y être venu sa vie durant en villégiature dans une villa appelée le « Chalet Koechlin ».

Reçu à l’Ecole Polytechnique en 1887, il contracte une tuberculose pendant la seconde année qui l’oblige à interrompre ses études affectant son rang de sortie. Ne pouvant plus entreprendre la carrière d’officier de marine ou d’astronome à laquelle il aspire, il démissionne et entre au Conservatoire de Paris où il a Antoine Taudou comme professeur d’harmonie, et Jules Massenet et André Gedalge comme professeurs d’harmonie et composition.

À la mort de César Franck, il devient l’élève de Gabriel Fauré. Doué d’une belle voix de baryton, il chante dans des chœurs et c’est par des œuvres vocales qu’il commence sa carrière de compositeur, sur des poèmes de Théodore de Banville et de Leconte de Lisle.
Il écrit En mer, la nuit d’après Henrich Heine que les Concerts Colonne donnent en 1904, la suite symphonique L’Automne, ainsi que des mélodies sur des poèmes de Verlaine et de Samain.

Confronté rapidement à des difficultés pécuniaires, il se consacre à l’écriture d’ouvrages d’enseignement et donne d’assez nombreuses leçons (« Le meilleur élève de Koechlin, c’est lui-même » ), sans négliger la composition. On peut citer : Étude sur les notes de passage (1922), Précis des règles du contrepoint (1927), Traité d’harmonie (1928, 3 vol.), Étude sur l’écriture de la fugue d’école (1933), Étude sur les instruments à vent (1948).

Son monumental Traité de l’orchestration en 4 volumes (1941) aborde, entre autres, le mélange des couleurs et des nuances, ce qui lui vaut le qualificatif d’«alchimiste des sons»  de la part de Heinz Holliger,

Sa maîtrise de l’écriture pour orchestre est très vite reconnue par son maître Gabriel Fauré qui lui confie l’orchestration de sa musique de scène de Pelléas et Mélisande d’après Maeterlinck, créée à Londres le 20 juin 1898, ainsi que par Claude Debussy dont l’éditeur Jacques Durand lui demande d’achever son ballet Khamma, créé en 1924. Elle se reflète également dans les nombreux cycles de mélodies avec orchestre qu’il compose entre 1890 et 1902, dont Poèmes d’automne (opus 13 bis) et Trois Mélodies (opus 17 bis).

Avec Maurice Ravel et Florent Schmitt, il fonde en 1909 la Société musicale indépendante dans le but de promouvoir la musique contemporaine.

Entre 1910 et 1920, il entreprend des recherches architectoniques qu’il matérialise dans une quinzaine d’œuvres de musique de chambre (sonates pour différents instruments, quatuors et quintettes), ainsi que dans quelques compositions orchestrales : La Forêt païenne (1908), Trois Chorals pour orgue et orchestre et Cinq Chorals pour orchestre (1912-1920).

Il a composé trois recueils de Rondels de Banville, trois autres de mélodies sur des poèmes divers (avec piano ou orchestre), des chœurs sans paroles : La Forêt (1907), une Ballade pour piano et orchestre, Vingt Pièces enfantines pour piano seul, Vingt-quatre Esquisses, Douze Pastorales, Les Heures persanes (piano ou orchestre) d’après le récit de voyage Vers Ispahan de Pierre Loti, cinq Sonatines, douze Paysages et Marines.

Une liste des œuvres de Charles Koechlin :
– 226 numéros d’opus constituant une des œuvres les plus imposantes de son époque. Parmi ses œuvres de musique de chambre, on peut citer quatre Quatuors à cordes, une Suite en quatuor, une Sonate pour deux flûtes, un Quintette pour piano et cordes, un Septuor pour instruments à vent, le quintette « Primavera » pour flûte, violon, alto, violoncelle et harpe, des sonates pour divers instruments et Les Chants de Nectaire (1944), trois suites de 32 pièces pour flûte seule.
des œuvres symphoniques : Vers la plage lointaine, Soleil et danses dans la forêt, Les Saisons (1912), une Symphonie d’hymnes (au Soleil, au Jour, à la Nuit, à la Jeunesse et à la Vie) qui a obtenu le prix Cressent en 1936, Cinq Chorals dans le style des modes du Moyen Âge (polyphonie modale) et une Première Symphonie (prix Halphen en 1937). Il a également écrit une pastorale biblique en un acte, Jacob chez Laban montée au théâtre Beriza et un ballet, L’Âme heureuse, créé en 1908 à l’Opéra-Comique.
– des poèmes symphoniques avec Les Vendanges (1896-1906), La Nuit de Walpurgis classique (1901-1907), Chant funèbre à la mémoire des jeunes femmes défuntes (1902-1907), Le Livre de la Jungle (1899-1939) d’après Kipling, Vers la voûte étoilée (1923) à la mémoire de son ami l’astronome Camille Flammarion et surtout Le Docteur Fabricius (1946) d’après la nouvelle de son oncle Charles Dollfus.

Son admiration pour Jean-Sébastien Bach se reflète dans un grand nombre de Chorals et de Fugues, mais surtout dans l’imposante Offrande musicale sur le nom de Bach, op. 187 (1942) où il démontre sa maîtrise du contrepoint sous toutes ses formes.

L’esprit ouvert, il se passionne pour le cinéma et compose une Seven Stars’ Symphony (1933) dédiée à sept acteurs, dont Douglas Fairbanks, Greta Garbo, Marlene Dietrich et Charlie Chaplin pour le Final qui évoque « l’âme chimérique, la résignation et l’espoir » de l’artiste. Il compose même plusieurs musiques pour des films imaginaires comme Le Portrait de Daisy Hamilton (1934), ou Les Confidences d’un joueur de clarinette (1934) dont il écrit lui-même le scénario d’après le roman d’Erckmann-Chatrian. Mais une seule accompagne effectivement un film, Victoire de la vie, réalisé par Henri Cartier-Bresson en 1937 pour soutenir la lutte des républicains espagnols.

Pour les fêtes de l’Exposition universelle de 1937, il célèbre les Eaux vives. En 1945, il termine Le Buisson ardent tiré du roman Jean-Christophe de son ami Romain Rolland, dans lequel il utilise les ondes Martenot.

Passionné d‘astronomie, il s’est aussi adonné à l’art de la photographie (plus de 4 200 clichés stéréoscopiques en témoignent) jusqu’à publier en 1933 un recueil de photographies intitulé Ports, en collaboration avec Jean de Morène et Daniel Biot.

L’influence de Koechlin s’est exercée non seulement par sa musique et ses ouvrages théoriques mais aussi par ses conférences, notamment aux États-Unis (dans différentes villes en 1918 puis à l’université de Berkeley en Californie en 1928). Sa curiosité toujours en éveil, sa grande érudition et son empressement à défendre les jeunes générations de musiciens ont suscité de nombreuses vocations ; on compte ainsi parmi ses élèves ou ses disciples Francis Poulenc, Maxime Jacob, Roger Désormière, Germaine Tailleferre, Ferdinand Barlow, Henri Sauguet, Cole Porter et Francis Dhomont.

Farouchement indépendant, revendiquant un esprit de liberté, il s’est tenu à l’écart des cénacles artistiques, ce qui explique qu’il soit aujourd’hui un des compositeurs les moins connus (et les moins joués) de l’École française. C’est sans regrets qu’il dit en 1947 : «au soir de ma vie, je me rends compte que la réalisation de mes rêves d’artiste, pour incomplète qu’elle soit, m’a donné la satisfaction intime de n’avoir pas perdu mon temps sur la Terre. »

Villers est fier d’avoir compté comme résident secondaire fidèle tout au long de sa  vie une personne de la qualité de Charles KOECHLIN, exemple d’une reconversion artistique réussie jeune face au handicap, d’une créativité  et d’une excellence reconnues par tous les grands musiciens de son époque.

Malheureusement sa très grande discrétion fait qu’il n’occupe pas dans le paysage musical français aujourd’hui la place que mérite son oeuvre.

Gustave CAILLEBOTTE peintre à Villers/Mer

Gustave CAILLEBOTTE peintre majeur de l’Impressionnisme
Régatier en baie de Seine
Horticulteur correspondant de MONET

Auto-portrait   1889

Peintre et mécène impressionniste (1848-1894)

Gustave Caillebotte, décédé à 46 ans , qui a laissé à la postérité quelque 500 toiles, dont beaucoup de chefs d’oeuvre, est une des figures majeures du Mouvement Impressionniste :

  • Il fut, à l’égal de ses camarades, un très grand peintre du Mouvement Impressionniste. Ancien élève des Beaux-Arts de Paris, élève de Léon Bonnat, il rencontra dès 1874 Edgar Degas, Claude Monet, et Pierre Auguste Renoir.
  • Né en 1848 d’une famille très aisée ayant bâti sa fortune dans les textiles, la consolidant ensuite dans les biens immobiliers lors du développement du Paris du Baron Haussmann, il aida ses congénères à organiser dès 1874 la 1ère exposition des Impressionnistes à Paris, puis la plupart des suivantes. Novateur, un de ses principaux chefs-d’œuvre (« Les Raboteurs de Parquet » 1875, Musée d’Orsay) fut refusé au Salon.

Rue de Paris par temps de pluie (1875)

Art Institute of Chicago

  • Il fut aussi un collectionneur (et mécène) du mouvement impressionniste achetant de nombreuses œuvres à ses amis impressionnistes afin de les aider (dont le « Bal du Moulin de la Galette » de Renoir). Ayant légué par testament avant sa mort soixante-sept tableaux impressionnistes de sa collection personnelle à l’Etat, ce dernier n’en accepta finalement que trente-huit, au terme de deux ans de violentes polémiques entre Renoir, exécuteur testamentaire de Caillebotte, et l’Académie des Beaux-Arts protestant contre l’entrée de ces tableaux, représentations d’un art dégénéré, au Musée du Luxembourg -qualifiant l’événement d’offense à la dignité de son Ecole-! A signaler qu’aucun Cézanne de sa collection ne fut accepté par l’Etat !
    Les tableaux refusés, achetés par des collectionneurs américains, reviennent à l’occasion lors d’expositions à Paris (Collection Barnes…).

L’ingénieur passionné de compétitions navales, peignant à Villers

Egalement ingénieur, Caillebotte fut un régatier qui se passionna pour la vitesse et chercha à perfectionner ses bateaux. Architecte naval, il les dessine et les construit lui-même dans un atelier situé à la SNECMA. Il y créera de véritables pur-sangs des mers aux multiples innovations (voile en soie, lest extérieur, coques aérodynamiques…) avec lesquels il remporte de nombreux titres mondiaux.

C’est à ce titre qu’il vint souvent régater en baie de Seine, laissant dans son sillage quelques somptueuses vues de Trouville et de Villers.

 Villa à Villers 1880
Ndlr : Villa « Les Ammonites »

 

 

Villas à Villers 1880
Ndlr : Villas « Ste-Julie » , « Le Rocher »

 

 Les Vaches Noires 1880

 

Régates à Villers 1880

 

 

L’horticulteur, correspondant de Monet en horticulture

En 1881, il achète une maison avec jardin au Petit-Gennevilliers où il réalisera nombre de ses oeuvres peintes.

Horticulteur émérite il crée dans ses serres des orchidées, et correspond avec Monet lorsque celui-ci crée son jardin à Giverny .

Michel TOURNIER, illustre résident et élève de Villers

Un très grand écrivain français, prix Goncourt 1970, Michel TOURNIER, décédé début 2016 a résidé longtemps en villégiature à Villers/Mer à la très charmante Villa « Courte-Paille » qui appartenait à sa famille sur les hauteurs de Villers, appelée ainsi sans doute pour son toit de chaume.

A partir de 1970 son œuvre littéraire n’a cessé d’être reconnue mondialement, et il est assurément, depuis, l’un des écrivains français contemporains le plus connu, traduit et étudié dans le monde entier, en particulier pour son oeuvre pédagogique pour les jeunes lecteurs.

A Villers, dans les années 60, il venait souvent en voisin prendre le café chez mes parents qui y avaient une résidence secondaire proche de celle de sa famille. Il avait à l’époque une vieille voiture, une simca aronde, et vivait de traductions français-allemand car il avait eu une éducation germanophile et avait fait après la guerre des études de philosophie en Allemagne pendant 4 ans. Il accompagnait souvent notre famille et nos familles amies à la piscine découverte de Trouville-sur-Mer.

Prenant récemment connaissance de sa biographie, j’ai appris que Michel TOURNIER, avait même fait sa classe de seconde à Villers/Mer pendant l’année 1939/40 placé là, pour cause de guerre, par ses parents qui y avaient cette villa de vacances, comme d’ailleurs, la même année, et pour les mêmes raisons de guerre, naissait à la Villa Arlette, louée à Villers, ma soeur aînée. On pourrait donc dire que c’est un enfant de Villers, même si de l’avis de ses maîtres c’était un élève exécrable !

Pourquoi ces propos, ici, sur un grand écrivain ayant une longue histoire avec Villers-sur-mer (élève à Villers en 1939, encore résident secondaire à Villers lorsqu’il obtient le prix Goncourt en 1970 !) ? Pour parler de ce qui fait une grande station balnéaire :

– Evidemment c’est avant tout un site privilégié offrant des qualités exceptionnelles. C’est le cas de Villers/Mer qui a très tôt attiré, dès la création de sa station, de nombreuses familles, entre aristocratie, grande bourgeoisie, mais aussi petite bourgeoisie, puis après l’arrivée du chemin de fer à Villers en 1882 de nombreux touristes de passage.

– Mais c’est tout autant la renommée des gens célèbres qui l’ont fréquentée avant nous. Nombre de personnes connues, ou qui le sont devenues, ont aimé venir à Villers, pour se détendre ou se ressourcer, entre vacances courtes et villégiatures plus longues. Je n’entreprendrai pas ici de les citer, beaucoup n’y ayant effectué que de brefs séjours.
Ce n’est pas le cas de Michel Tournier qui y avait une maison, qui y a sans doute écrit son tout 1er roman paru en 1967 : « Vendredi ou les limbes du Pacifique », Grand prix de l’Académie Française, et le second « Le Roi des Aulnes » qui obtenait le prix Goncourt en 1970 à l’unanimité ! Et qui est devenu depuis un écrivain reconnu mondialement, siégeant dès 1972 à l’Académie Goncourt.

– Les stations balnéaires voisines ne s’y sont pas trompées qui ont toutes choisi de s’identifier avec réussite à de très grands écrivains y ayant résidé longtemps (Marcel Proust à Cabourg, Marguerite Duras à Trouville, Alphonse Allais à Honfleur…), ou à défaut, ou en plus, de grands artistes (Boudin et Satie à Honfleur, Hambourg à Deauville), dont elles s’approprient l’image auxquels elles consacrent des musées.
Et ça marche !
Cela marche parce que dans notre civilisation où les loisirs occupent toujours plus de place, il y a une forte demande de cultures comme formation de l’esprit, et d’arts comme évasion de l’esprit vers le sacré.

Villers-sur-mer, où vient de se tenir la 3ème édition de son « Salon du Livre », avec en invités vedettes des acteurs de cinéma et de télévision, Agnès Soral, Anne Richard, Bernard Menez, ou des chanteurs, Catherine Loeb, réputés à juste titre dans leur profession mais pas dans les lettres, choisit délibérément la médiocrité. A-t-elle définitivement choisi de renier son passé de grande station balnéaire et d’ignorer ce qu’elle lui doit.

S’il faut certes ouvrir une station balnéaire au plus grand nombre car il s’agit avant tout d’un loisir dont en démocratie tous doivent pouvoir profiter, celle-ci n’a rien à gagner à ne faire que du « populaire », avec des peoples se trompant de genre.

Elle doit aussi savoir se situer, lorsqu’elle a les références pour le faire, au plus haut niveau d’excellence ! Comme c’est le cas dans le domaine musical avec le « Festival des Nouveaux Talents » et les « Concerts du Hameau Fleuri d’origine privée » pour lesquels on imaginerait difficilement des interprètes issus d’ orchestres de variétés !
Villers s’est peut-être dans ce domaine souvenu qu’elle avait longtemps compté comme résident secondaire un illustre compositeur musical français
Charles Koechlin qui y est venu toute sa vie, puisqu’elle lui a même dédié une rue ?

La politique municipale de Villers aurait grand tort de tourner le dos au prestigieux passé de sa station balnéaire qui a donné la grande ville actuelle de Villers ! Bien au contraire, elle devrait mettre en exergue, comme les grandes stations voisines le font, ses résidents célèbres dont les oeuvres reconnues et couronnées ajoutent à la magie du lieu de Villers.

En continuant à ignorer ses propres enfants illustres et en préférant donner la vedette à des vedettes qui n’aspirent qu’à demeurer connues, elle ne fait que rabaisser continuellement l’image de sa station balnéaire au lieu de l’élever, quand justement beaucoup de gens demandent aujourd’hui une culture et un art authentique. A terme, quand les stations voisines réussiront à attirer une clientèle prestigieuse sur des événements de haut niveau, Villers ne sera plus qu’une station balnéaire de 3ème zone.

Un conte de George Sand aux Vaches-Noires en 1873

Les ailes de courage de Georges Sand est un roman (plutôt une « nouvelle » ou un « conte ») de George Sand publié en 1886 (posthume) dont le cadre se situe sur le littoral de la Côte Fleurie entre Cabourg/Dives, et Trouville, et Saint-Pierre-Azif (5 km à l’intérieur), dont le héros Clopinet trouve refuge dans la Falaise des Vaches Noires entre Houlgate et Villers-sur-Mer.

Chacun sait bien que Marcel Proust fut à partir de 1907 l’hôte du Grand hôtel de la Plage à Cabourg.
Mais 34 ans auparavant Georges Sand y descendait, en juillet 1873, avec ses petites filles, Aurore et Gabrielle. Peut-être parce qu’elle était passionnée de paléontologie et entretenait avec son fils une remarquable collection de fossiles ? C’était 3 ans avant son décès en 1876 à Nohant.

George Sand  La Dame de Nohant

Quelles que furent ses occupations sur la Côte Fleurie en ce mois de juillet 1873, elle y écrivit pour distraire ses petites-filles, Aurore et Gabrielle, un merveilleux conte, « Les Ailes de Courage ».

Synopsis :
Clopinet, jeune paysan légèrement boiteux et surtout très rêveur, n’est pas fait pour les travaux de la ferme qui rythment le quotidien de ses parents et de ses frères à Saint-Pierre-d’Azif. Livré en apprentissage à un tailleur rude et coléreux situé à Dives, il s’enfuit… Désormais seul, loin de la maison familiale, Clopinet s’arme de tout son courage pour partir à la découverte des richesses de l’univers qui l’entoure. En peu de temps, il devient l’ami et le plus grand connaisseur des oiseaux de la région dans la falaise des Vaches Noires à Villers-sur-mer…
(Téléchargeable sur le web)

 Une aventure  dans les Vaches Noires

Une très belle explication de texte d’une lectrice (prise sur le web) :

« Je cherchais des contes à lire, et j’ai trouvé celui-ci dans ma petite bibliothèque municipale. Il fait partie des contes d’une grand-mère, que George Sand a écrits pour ses deux petits-filles, Aurore et Gabrielle. 
L’histoire est longue, plus longue que pour un conte ordinaire, et surtout, il prend place dans un monde familier, la côte normande, près de Trouville. Les villages décrits, les métiers (tailleur, apothicaire, boulanger), les conditions de vie n’ont rien de merveilleux et c’est dans ce cadre réaliste que s’inscrit l’histoire de Clopinet. Les noms, comme celui des falaises (les Vaches-Noires), ou du seul rocher qui dépasse de la mer à marée basse (la Grosse-Vache) renforce l’impression de familiarité. 

La Falaise  des Vaches Noires

Comme souvent dans les contes, il est le petit dernier, le préféré. Comme souvent, il est un peu naïf, plus en tout cas que ses frères aînés, qui apprécient leur lopin de terre et leur métier de paysan. Lui préfère regarder le vol des oiseaux. Son rêve est de devenir marin, comme son oncle Laquille, marié et père de sept enfants. 
Cependant, vous sentez déjà sa faiblesse : Clopinet est surnommé ainsi parce qu’il boîte, et il ne semble pas (aux yeux des autres) avoir la force nécessaire pour devenir paysan ou marin. Surtout, il a sur lui les ailes de la peur, qui l’empêche d’avancer. Son oncle, un de ses adjuvants avec son frère François, a beau prédire que des ailes du courage lui pousseront un jour, sa famille le cède comme apprenti à un tailleur, pour trois ans. 
Nous basculons alors dans le merveilleux, car Clopinet prend son destin en main et s’enfuit, première poussée de ses ailes de courage. Menacé d’être repris à cause de sa tante, qui n’a rien à envier aux méchantes belles-mères, il s’enfuit à nouveau et découvre la mer, les oiseaux, les falaises. Ce sont de petites voix qui l’appellent et qu’il pense être les esprits de la mer qui le guident. Pendant ces six mois de vie au grand air, Clopinet s’organise, se contente de peu, surtout, il observe la nature, les oiseaux, les guignettes, les pluviers, les alouettes des mers, et surtout les rupeaux, si recherchés pour leurs plumes. Nous en découvrons ainsi beaucoup sur eux, sans pour autant que le récit s’en trouve apesanti. 
Comme dans tout conte, après ce parcours initiatique, il revient auprès de ses parents, riche, et métamorphosé. Ce retour est à la fois un échec et une réussite. Un échec, car ses parents ne souhaitent pas le laisser voyager, une réussite car Clopinet s’instruira, auprès d’un apothicaire, d’un aristocrate ornithologue, le baron de Platecôte et d’un curé naturaliste. Il trouve des explications rationnelles aux phénomènes naturels qu’il a observés, sans pour autant perdre ses rêves. Il lui faudra cependant une succession d’épreuves pour qu’il atteigne son objectif et que le merveilleux reprenne tous ses droits. « 

Lisez ce merveilleux conte, si bien écrit par un grand écrivain, et vous ne verrez plus jamais Villers-sur-Mer et ses environs de la même façon ! Comme quoi le regard de certains grands écrivains peut enrichir notre propre perception des lieux.

George Sand y tisse une histoire, un conte, se situant entre Cabourg, Trouville, et Saint-Pierre-Azif à l’intérieur du Pays d’Auge, dont le héros Clopinet se réfugie pendant de longs mois dans la mystérieuse falaise de Villers/Mer, pour y vaincre ses peurs, et y renaître tel un phénix.